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ATTENTION AU COIN DE LA TABLE !!

Si votre table se prend pour un roquetMince ! Vous ne l’avez pas vu et VLAN ! La table sournoise vous plante un de ces 4 coins dans la cuisse comme un roquet sournois plantant ses petits crocs vicieux dans votre mollet.

Ca nous arrive à tous de temps en temps et le premier réflexe dans la plupart des cas, est une réaction violente. D’une part, elle se traduit par un cri :
– « Ouille, aïe, pu#?!$ de table ! » selon votre caractère.
D’autre part, elle peut parfois être on ne peut plus dangereuse car trop souvent excessive (on renverse un verre, on lâche ce qu’on tenait dans la main pour se tenir la jambe endolorie, certains casse la table en deux pour lui apprendre à regarder ou elle met ses coins, bref.)

Mais ce n’est pas seulement la douleur qui vous fait réagir… non non, en tout cas pas toujours. C’est d’abord et avant tout l’appréhension du coup.

Votre regard a perçu le coin potentiellement dangereux de cette table tapit dans l’ombre prête à tout pour avoir sa ration de cuissot journalière. Même si vous n’y avez pas prêté attention sur l’instant et, avant même que votre système nerveux n’ai transmit cette douleur fulgurante à votre cerveau, vous savez déjà que l’impact en sera déplaisant… Et quand je dis « vous savez », je devrais plutôt dire « vous croyez savoir ».

Donc avant la douleur, et avant qu’il y ai eu contact, c’est l’idée de vous faire mal qui déjà, vous prépare à réagir.

Une prise de conscience « pseudo-logique » vous pousse à des déductions parfois trop rapides :
SI table = dure ALORS douleur = inévitable (je simplifie pour les geeks profanes).
Ensuite et seulement après survient l’impact et le cri de douleur intense :
– « Aïïïïïïïïïeuuuuuuuuuuu ! »

Lorsque cela arrive, on peut faire comme le suggère Shakespeare :
Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d’une autre douleur. En gros, mettez vous une grosse claque pour amoindrir la douleur de la cuisse, ou… on peut aussi s’arrêter.

STOP !

Certains on mal rien que d'y penserArrêtez-vous 1 seconde… Avez-vous réellement ressenti une douleur si intense qu’elle vaille un cri à réveiller le voisin ?
Bien sûr, la table quelle que soit sa forme, est plus dure que votre quadriceps (j’en conviens), mais et c’est là ou je voulais en venir, tout le monde ne perçois pas la douleur avec la même intensité.

Tout le monde à un seuil de résistance différent et un coin de table aussi hargneux soit-il, ne devrait pas arracher des cris et des spasmes à tout le monde.
Ne vous laissez pas dominer par ce réflexe, et la prochaine fois que votre corps entrera en contact violent avec un corps étranger, que se soit ce fameux coin de table ou un tibia (par exemple), avant de hurler, laissez le temps au cerveau d’analyser la douleur et demandez-vous si cela vous a réellement fait mal.

Rappelez-vous cet adage bien connu des services de renseignements du monde entier :

L’anticipation de la douleur est pire que la douleur elle-même.

Pour aller plus loin, vous pouvez déjà en lire l’article sur la douleur, présent sur Wikipedia, mais aussi vous intéressé aux travaux de Mark Zborowski et David Le Breton. Ce dernier à écrit un ouvrage sur l’anthropologie de la douleur, ou il s’intéresse à la complexe question de la douleur, réalité psychique et physique à cheval sur plusieurs domaines des sciences humaines – psychanalyse, sociologie, médecine.

Illustrations Gilles Aubin


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