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Championzé, une histoire de Battling Siki, champion du monde de boxe en 1922Eddy Vaccaro et Aurélien Ducoudray se sont attelés à une histoire… mystérieuse.

Après avoir vécu ces jeunes années à Saint Louis du Sénégal, Battling Siki, (M’Barik Amadou Fall de son vrai nom) passera de petits boulots en petits boulot sur un route qui le mènera d’Afrique à la France, puis en Hollande et aux états unis d’Amérique. Il deviendra boxeur et, contre Georges Carpentier, le 24 septembre 1922, l’un des premiers champions du monde de boxe de couleur. Sa vie dans cette France colonialiste du début du XXème siècle, sera des plus dure, au côté d’une population hautaine et sûre d’être au dessus des noirs. Les différentes scènes auxquelles nous assistons tout au long de cette histoire, nous montrerons cette suprême et arrogante suffisance. On parle alors de nègre, de macaques, etc.

La bande dessinée que nous propose Futuropolis (la maison d’édition) est d’une structure peu commune dans une oeuvre du neuvième art (il me semble).
Championzé, une histoire de Battling Siki, champion du monde de boxe en 1922Entre récit autobiographique et documentaire, le lecteur est tantôt spectateur (il assiste à des tranches de vie de Battling Siki dans la France des années 20), tantôt reporter (il écoute les témoignages de personnes l’ayant rencontrées – avec ce que cela comporte comme approximations).

J’ai beaucoup aimé me plonger dans l’univers que nous propose Vaccaro et Ducoudray, tant ces tranches de passé nous rappel que la France n’a pas toujours été cette terre d’asile bienfaitrice qu’elle clame désormais.

Championzé, une histoire de Battling Siki, champion du monde de boxe en 1922Championzé, une histoire de Battling Siki, champion du monde de boxe en 1922Loin du trait net d’une BD franco-belge, ou métallique d’un comics américain, les coups de crayon de M. Vaccaro sur le papier granuleux, nous donnent cette sensation d’assister à la projection d’un vieux Chaplin en noir et blanc, sur une pellicule mal vieillie. Cette sensation s’en voit renforcée lorsqu’au détour d’une case, le récit de son acolyte, M. Ducoudray, se fait par le biais d’une image qui nous semble figée… comme les écrans de texte blanc sur fond noir, insérés entre deux scènes de ces mêmes films.

Georges Carpentier contre Battling Siki… où la boxe n’est pas encore un sport de gentleman

Mais nous sommes sur un site dédié entre autres aux sports de combat (si, si), je ne peux donc m’empêcher de vous montrer le combat qui rendit Battling Siki célèbre. Nous sommes donc en 1922. Sur la vidéo qui suit, on voit une boxe du passé ou les coups tordus ont leur place. On y voit notamment (les anti-UFC apprécieront) Georges Carpentier :
– attraper la nuque de Siki et le frapper dans le même temps.
– aider Siki à se relever (bon geste mais…) et le frapper dans le même mouvement
– frapper Siki alors que celui l’aide à se relever
– se rouler par terre dans un simulacre de douleur à la fin du combat (on dirait un joueur de foot dans la surface de réparation).

Techniquement cette fois on peut voir que :
– l’endurance n’était pas leur préoccupation majeure au vue de leur geste au 5ème round
– les gardes sont inexistantes (même si on sait, après la lecture de la BD que Siki avait la sienne)
– les déplacements sont désordonnés
– les coups sont plus proches du combat de rue que du sport noble
– l’arbitre ne fais pas grand chose pour donner au match la moindre connotation « sportive » (peut-être parce qu’on entend parlé de match truqué)

Et vous qu’en pensez-vous ?

France Ô nous permet de découvrir qui était M’Barrik Fall.
[dailymotion width= »720″]http://www.dailymotion.com/video/x8urwp_mbarrick-fall-champion-du-monde-de_sport[/dailymotion]

Pour terminer, on peut noter que, d’après le journal gratuit Métro, les deux compères ont deux autres biographies de boxeurs en projet.
Victor Young Perez, champion du monde d’origine tunisienne (années 30). Amant de star de cinéma, déporté à Auschwitz, il est mort en 1945
Primo Carnera, italien, ex-catcheur, champion du monde de boxe (combats truqués), il a tué un de ses adversaires sur le ring.

Pour info, la couverture est un travail de concert entre Didier Gonord et Eddy Vaccaro


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