•  
  •  
  •  
  •  
  •  

Enquête Exclusive sur M6 parlera du catch et du freefight/MMA
Cliquez ici pour voir ou… revoir l’émission
Au vue de l’émission Enquête Exclusive du dimanche 3 janvier diffusée sur M6, je vais tenter de répondre aux quelques questions soulevées dans ce reportage. Notez qu’il est très loin de mes objectifs de vouloir apprendre leur métier à une machine médiatique comme la chaîne sus citée. En effet le but étant de faire de l’audience, c’est chose faites, à n’en pas douter.

 

Le catch, un sport de combat ?Point 1 : Si je vous demande ou est l’intrus entre ses trois disciplines laquelle désignez-vous.
– le catch
– le freefight
– la boxe thaï
Le catch bien sûr ! Le catch, pour ceux qui ne connaitraient pas encore, n’est pas un sport de combat, mais une chorégraphie de combat. Une démonstration spectaculaire scénarisée. Les combats sont réglés et les opposants ne sont pas mis en difficulté sans leur accord lors des répétitions. Ce sont des professionnels du spectacle. Les techniques utilisées sont malgré tout dangereuses et il est impératif d’accompagner les enfants dans la découverte de cette activité scénique. En effet, les accidents de « cour de récré » sont de plus en plus nombreux (paraît-il). Pour ce point 1, M. De La Villardière (DLV) est tombé dans le panneau de l’amalgame. On peut se demander si l’utilisation du catch dans cette série de reportage ne répond pas à la volonté de faire passer un message qui ne dit pas son nom.

Point 2 : Le lancement du reportage
Le lancement de l’émission par DLV insiste sur l’aspect grand spectacle du catch et glisse une phrase pour le freefight et une autre pour la boxe thaï. Ajoutez-en une dernière pour les « bookmakers » et vous voilà plongé dans le souffre. Remarquez à la limite, on sait déjà à quoi s’attendre.

Point 3 : Le(s) reportage(s)
Le catch, un sport de combat ?Si, à la rigueur, nous avions eu le droit à une séparation entre chaque reportage, 20mn de catch + 20mn de freefight + 20mn de boxe thaï, peut-être aurions nous moins de chose à en dire, malheureusement, le choix fut fait du mélange des genres. Un peu comme si vous aviez voulu faire un seul reportage en parlant de journalisme, d’histoire et de presse à scandale (notez que deux des domaines cités sont aussi proches l’un de l’autres que le freefight l’est de la boxe thaï et que le troisième n’a rien à voir).

Les transitions entre les sujets sont malheureuses et n’aident en rien à la compréhension du sujet des sports de combat. Elles vont même jusqu’à perturber le message en laissant entrevoir l’utilisation de la violence sur les enfants (catch et boxe thaï). Dans les jonctions malheureuse entre le freefight et le catch, nous avons par exemple un lien sur le nombre de spectateurs… et cela ne pouvait se faire que là dessus puisque c’est quasiment le seul point commun qu’il y a entre les deux disciplines. J’ai dit quasiment ? Oui, car soyons honnêtes, quand on voit la mise en scène de certains combattants avant de rentrer dans l’octogone ou sur un ring, on est pas très loin du catch… cela dit j’avais déjà soulevé le problème dans mon article d’octobre 2008 : MMA et catch même combat ?.

Le catch, un sport de combat ?Point 4 : Le choix des mots
L’être humain est aussi sensible à ce qu’il entend qu’à ce qu’il voit et c’est d’abord sur ce point que le reportage est racoleur. En effet, les mots prononcés le plus souvent sont dans l’ordre : enfant, violent, tue, interdit, faire mal, casser… viennent ensuite : sang, bagarre et pas légal. De quoi avoir une bonne image des sports de combat, c’est évident.

« … et en plus, il s’en sort indemne », phrase énoncée comme si c’était une grande chance. Vous remarquerez que son adversaire aussi, s’en sort indemne alors qu’il a perdu.
Je ne peux m’empêcher de faire le comparatif avec la boxe ou, même si vous avez gagné, vous avez des équimoses sur l’ensemble du visage tandis que votre adversaire n’a plus que des oeufs à la place des yeux… à moins que le combat ne se soit terminé rapidement, ce qui n’est possible que s’il y a KO, donc traumatisme crânien.

Je tiens à signaler que contrairement à ce que l’on entend dans les commentaires au début du combat, il y autre chose que l’adrénaline pour tenir pendant un combat : la détermination ou le contrôle de la douleur par exemple.

Ce reportage tire aussi sur une corde culturelle du passé : on ne frappe pas un homme à terre. Sous entendu qu’un homme à terre est, de par sa position, diminué. Hors si vous vous êtes intéressé un minimum aux arts martiaux, notamment aux MMA, vous connaissez sans nul doute possible le judo et le ju jutsu d’une part, et le ju jutsu brésilien d’autre part, un art martial révélé par Royce Gracie lors de l’UFC1 en 1993, qui fait la part belle au combat au sol et qui (comble du paradoxe) donne un « coup de pied » magistral dans cette certitude qu’un homme à terre serait démuni (venez donc vous frottez à un Vincent Parisi ou un Jess Liaudin et vous m’en direz des nouvelles). En Europe il y a quelques centaines d’années il était inimaginable de se battre à mains nues (imaginez moi avec une perruque poudrée disant « bouh quelle hor-reur »). Plus tard, lorsque le pugilat se répandit, si vous vous battiez avec les pieds vous étiez un voyou. La dernière étape enfin, était : « on ne frappe pas un homme à terre ». M6 semble ne pas avoir franchit cette étape décisive dans l’évolution de notre société alors que le reste du monde, si… et depuis bientôt 20 ans !

Point 5 : Les séquences
Le catch, un sport de combat ?La seule action vraiment dangereuse qu’il est était donné d’assister à l’équipe de tournage est un coup de genou dans la mâchoire donné dans le feu de l’action. Le coup de genou causant cette « double fracture » (c’est ce que dit le commentaire) nous sera montré pas moins de 4 fois, c’est à mon sens 2 fois de trop (je ne suis pas contre un ralenti). Mais ce sont de précieuses secondes dans un reportage ou chaque fraction de seconde coute cher, qui auraient pu être utilisée à montrer un entraînement avec casque par exemple (n’est-ce pas M. Viltard).

On échappe pas non plus au cliché de base, et lorsque l’entraînement de boxe thaï de « Rémi » commence sérieusement, le grand spectacle reprend et « Eyes of the Tiger » retenti… ben voyons !

Notons aussi que malgré le parti pris de DLV de montrer du sang et de la violence, l’émission n’était déconseillée qu’au moins de 10 ans… c’est dire l’éthique de la chaîne.

Des choses qui n’ont rien à voir avec l’émission m’ont déranger aussi (mais au vu de l’orientation du reportage, puis-je croire les commentaires) :
– un coach ne devrait pas dire « tue le » à son poulain (mais peut-être y avait-il un contexte)
– on ne devrait pas combattre contre des mineurs fussent-ils à niveau (s’entraîner pourquoi pas)

J’attends quelques témoignages de professionnels du MMA, et vous retranscrirais leurs propos dès que possible.


  •  
  •  
  •  
  •  
  •