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Et d’abord, le cross training, c’est quoi ?


Vous êtes abonné à Masterfight depuis un moment et voyez défiler des tonnes de stages d’arts martiaux et de sports de combat très divers.
Le cross training est une pratique qui consiste à passer d’une discipline à une autre pour les découvrir, ou pour progresser en apprenant certaines techniques absentent de la sienne.
Dans les arts du combat, cela se concrétise par la participation à des stages divers, n’ayant pas forcément de rapport entre eux. Mais en quoi cela peut-il bien servir votre pratique ?

Pourquoi, en temps que karateka de style Kyokushin irais-je à un stage du style Shotokan ?
Pourquoi après avoir fait du kickboxing, irais-je me mettre à l’aïkido ?

Pourquoi faire du cross training ?

C’est assez simple en fait. On retrouve toujours plusieurs grands thèmes communs dans les arts martiaux ou les sports de combat, dont le premier est :
– mettre fin à une confrontation (physique en l’occurrence) en subissant un minimum de dégâts,

Plusieurs méthodes seront utilisées pour cela, notamment :
anticiper les actions adverses
générer un maximum de puissance en utilisant le moins d’énergie possible,
développer une stratégie de combat réaliste.

Ousmane Sow
Ousmane Sow
A partir de ces principes (assez simples en fait), les pays et les civilisations du monde entier, y compris dans les endroits les plus reculés, sont arriver à des conclusions et des techniques très différentes. Tantôt ils percutent avec les genoux, tantôt ils jouent avec la masse de leur adversaire, ou encore développent une technique dont le fil conducteur est l’esquive ou le centre de gravité.

Passer d’une discipline (telle que le pencak silat) à une autre (comme la boxe khmer) est une façon d’apprendre des techniques qui ne sont pas enseignées dans celle que l’on pratique habituellement. Quel judoka apprend à boxer ? Quel kickboxer connait les soumissions ?
Même si l’on peut se retrancher derrière une décision prise à l’inscription (je préfère le judo, donc je m’inscrit au judo), il n’est pas inutile de savoir comment on apprend les clés au ju jitsu brésilien (ou plutôt comment on les enseigne). Dans cette même démarche on peut imaginer un karateka, qui connaît un ou deux ciseaux (yubi basami), passer du côté du vovinam viet vo dao, histoire de développer le sujet (Don chan tan cong). Dans un autre registre, de complémentarité cette fois, il ne me semble pas inutile qu’un aïkidoka progresse dans les techniques de jambes, tandis qu’un combattant en MMA progresse en absorption.

Karaté Goju Ryu
En Terre Martiale.com
Évidemment, si l’on veut devenir champion de karaté, il vaut mieux rester dans son club et participer à toutes les compétitions en s’entraînant avec son propre professeur. Mais on peut vouloir le faire en développant son propre karaté, sa vision personnel du combat sans pour autant dénaturer l’esprit du karaté enseigné par son école.
On peut commencer doucement en allant voir d’autres professeurs du même style. On aura ainsi une autre approche pédagogique tout en ne « trahissant » pas sa discipline.. cela dit on touche là du doigt un « petit » problème dont je parle dans l’encart, à la fin de cet article.

Tous les arts du combat ont à gagner dans ce genre de pratique. Si vous changez de discipline après en avoir testé d’autre, c’est que l’ancienne vous a convenu un temps, mais ne vous convient plus. Nous évoluons toutes et tous, dans nos cœurs, nos corps et nos esprits, et ce qui était bon pour nous hier, ne l’est peut-être plus aujourd’hui. Mais comment savoir ce qui nous convient si l’on s’enferme.

Vous n’avez pas trouvé « mieux » ailleurs ? Très bien, vous remonterez donc sur le tatami/ring plus motivé que jamais… parce que vous êtes là ou deviez être.

Une dernière note pour vous indiquer que certaines disciplines (yoseikan budo, ninjutsu, vo co truyen, etc.) proposent un panel de techniques assez large pour répondre certes, à bons nombres de cas, mais qu’il n’est jamais mauvais de changer d’air pour toutes les raisons évoquées précédemment.

Le petit problème du cross-training : les guerres internes.

C’est un vaste sujet car il est de nature multiple.
En allant voir un autre professeur (y compris si vous restez dans la même pratique) peut-être tomberez-vous sur un opposant de votre professeur, quelqu’un avec qui il ne s’entend plus pour une raison ou pour une autre, auquel cas vous ne pourrez pas parler de votre envie de varier les pédagogies ni à l’un, ni à l’autre.
Vous serez « le cul entre deux chaises ».

En essayant un autre style vous risquez aussi de vous confronter à l’incompréhension de votre professeur.

Pour en finir avec ce « petit » problème, en changeant de discipline, en passant de l’aïkido au kickboxing par exemple, vous aurez peut-être affaire au mur de l’obscurantisme. Celui, inébranlable, qui se dresse lorsque la toute puissance d’une discipline est remise en cause. Parfois même, on tentera de vous ridiculiser pour vous dissuader de modifier votre pratique.

Quoi qu’il en soit, c’est votre motivation qui sera votre moteur. Vous êtes définitivement seul maître à bord de votre destin et personne ne doit pouvoir vous dire que la discipline que vous voulez tester est moins bonne que l’actuelle : « Inutile d’aller voir ailleurs, tu seras déçu ! ».


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