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Ecusson Wado Ryu
Après plusieurs années de karaté Shotokan, je me suis mis voilà 5 ans au karaté Wado-ryu (l’école de la voie de l’harmonie), un des quatre grands styles reconnus par la Fédération Française de Karaté (FFKDA), avec le Shotokan, le Shito-ryu et le Gojo-ryu.

Je suis tombé dans le Wado par hasard, lors de mon emménagement à Paris. Alors ceinture verte de Shotokan, j’ai trouvé un petit club sympa, pas cher, et ne voyant pas de différence trop importante avec le style que je pratiquais, je me suis lancé. Mais au fil des ans et des grades, en approfondissant la pratique, j’ai découvert un style très riche, correspondant tout à fait à mes aspirations.

Le Wado-ryu a été fondé en 1939 par Hironori Otsuka, ancien disciple du fondateur du karaté moderne, Gichin Funakoshi. Mais avant de pratiquer le karaté, Otsuka était un maître en Ju-jutsu. Suite à des différends avec Funakoshi fils, il fonde donc son propre style, proche du Shotokan, mais enrichi de ses apports personnels.

Le karaté est avant tout une discipline basée sur les percussions (frappes), mais Otsuka décide de faire la liaison avec le Ju-jutsu. On trouve donc dans le Wado-ryu de nombreuses projections et clés, ainsi que des notions de combat au corps à corps et au sol.
(NB : Ces techniques sont parfois pratiquées dans les autres styles, mais, à ma connaissance, sont moins développées et mises en avant)
Les techniques de Ju-jutsu constituent pour moi un apport majeur au karaté traditionnellement enseigné. En effet, notamment sous l’influence de la compétition, les combats de karaté s’effectuent sur de courts assauts, les combattants étant très éloignés l’un de l’autre. Par conséquent, le karatéka moyen est souvent démuni en combat rapproché, ne pouvant lancer ses techniques classiques et ne connaissant pas le corps à corps type judo. Dans une optique de self-défense ou de combat libre, et tout simplement dans le cadre d’une discipline complète, les apports du Wado-ryu en terme de combat rapproché me paraissent fondamentaux, tant les techniques de percussions et de projections ou clés sont complémentaires et liées les unes aux autres.


Hiroji Fukazawa
Mais dans Ju-jutsu, outre les techniques (justu), il y a aussi la souplesse (ju). Et c’est le second point clé de la vision d’Otsuka : toujours préférer la souplesse, l’évitement, à l’opposition frontale des forces. L’enseignement du Wado privilégie donc toujours l’esquive, absorption, l’enroulement permettant de créer des ouvertures plutôt qu’un blocage direct. Parmi les techniques purement Wado on trouve donc de nombreuses esquives de corps rappelant parfois des mouvements d’Aïkido, suivis d’une finition en frappe ou projection. De même, la pratique tend vers le sen-no-sen, l’action dans l’action, où le défenseur place sa contre-attaque dans le mouvement de l’attaquant.
Cette souplesse décevra peut-être certains pratiquants décidés à en découdre, mais à mon sens, elle renforce à la fois l’accessibilité de la discipline, ouverte à toutes les morphologies, tous les âges, et sa technicité par une mise en valeur de l’anticipation et de la précision.

Enseigné correctement, le karaté Wado-ryu est donc une discipline à mon sens très complète, à la fois traditionnelle, efficace en self-défense, sportive et surtout ouverte, que ce soit dans ses techniques ou envers ses différents publics.

En France il existe différentes organisations Wado, notamment la Wado France de Patrice Belrhiti, basée en Alsace, et la Wadokai, représentée à Paris par Hiroji Fukazawa.

Pour plus d’infos :
France Wadokai
Wadofrance

Pour ceux qui souhaiteraient venir s’essayer au karaté Wado-ryu dès la rentrée (cours d’essai gratuits), voici le club dans lequel je pratique : CSCP Wado
Les lecteurs de Masterfight y sont les bienvenus !

Mathieu Letellier


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