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Serge Furlan a 50 ans de judo derrière lui. 5e dan, impliqué dans les écoles d’arbitrage, il est également enseignant au Judo Club d’Albret nérac Mézin.

Son expérience sur la discipline lui permet selon lui, de prendre du recul sur l’enseignement qui est donné, notamment aux enfants. Lundi 5 février, il poussait un coup de gueule sur son profil Facebook et m’a accordé la publication dans les pages de Masterfight.


Serge Furlan, 5 février 2018
Il est urgent que nous sortions des catégories mini-poussin, poussin et benjamin de la progression française de judo les techniques kubi nage, koshi guruma et hon gesa gatame. En effet, principalement enseignées à nos débutants, elles sont scandaleusement utilisées et à chaque compétition.
Je tremble d’effroi d’éviter la catastrophe, car il en résulte majoritairement ce constat… bataille de garde (rarement existante) travail sur les appuis (inexistants) dans ces catégories. En substances, nos enfants se jettent sur l’adversaire directement en saisie du cou par un entourage systématique des vertèbres, puis accompagnent au sol directement en hon gesa avec torsion directe des cervicales.

Cet enseignement est dangereux. Il dépasse l’entendement. En somme, pour résumer : clé du cou… alors que nous devons jouer sur les appuis en matière éducative…

Enfants pratiquant le judo sur tatami

Notre judo est d’une telle richesse : uki goshi o goshi de ashi Barai et d’une telle beauté. Pourquoi apprendre à nos jeunes des techniques de boucher pure et dure en oubliant tous les fondamentaux. En substance, de la façon et dans le cadre ou nous faisons évoluer et appliquer ces trois techniques que sont koshi guruma, kubii nage et hon gesa gatame, nous faisons preuve d’une irresponsabilité immense et jouons à chaque fois avec le feu… que de pleurs, que d’enfants meurtris… sommes nous aveugles à ce point pour laisser ce spectacle à chaque animation, que ces enfants se jettent au cou de leurs adversaires, et tel un taureau, le jette au sol pour ensuite lui tordre les vertèbres ? Où est le judo ?

Ce n’est pas admissible !

Il faut enseigner autre chose. Les appuis, les gardes, le déplacement, mais surtout pas ce système d’accrochage des cervicales à ce jeune âge. Il est urgent à mon sens de sortir cela au plus vite de notre méthode d’enseignement. Si les japonais le font, ils l’induisent au travers d’un système, mais surement pas comme une finalité. Combien d’enfants après chaque animation ont dû subir ce fléau.
C’est anormal ! Ce sont bien les enseignants et les règlements qui permettent une telle aberration.

Le judo est fantastique !

Est-ce que les pleurs et les larmes de nos enfants ne méritent pas que nous leurs rapportions toutes notre considération, toutes notre bienveillance et que nous agissons à chaque animation en responsable, et non en boucher ? Pourquoi depuis tant d’années personne ne réagit ? Serions nous aveugles ? Des pervers irresponsables ?
Serais-je le seul à avoir un peu d’empathie envers les enfants ?


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