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Jiu Jitsu Bréslien, Gracie Jiu JitsuJ’ai entendu parler du jiu jitsu brésilien (JJB en français ou BJJ en anglais pour Brezilian Ju Jutsu) lors des combats télévisés des premiers UFC, dans ses jeunes années (1993). La discipline permettait alors à tous les pratiquants d’arts martiaux et de sports de combat de s’exprimer de techniques à techniques avec le moins de règles possibles. Le judoka, face au kikcboxer, le karateka face au lutteur, le boxeur contre le ju jitsuka.

L’un des créateurs de cette compétition s’appelle Rorion Gracie. Il pratique le jiu jitsu brésilien enseigné par son père, Hélio Gracie (mort il y a quelques mois). Avec ses frères, ils gagnaient quasiment tout leurs combats (on ne parlait que d’eux). Les kickboxers se faisaient mettre au sol, les judoka n’arrivaient pas à finaliser… bref, ils faisaient un carton.

Bien des années plus tard (le 14 juin dernier en fait, pendant le gala pour maître Batigne LIEN VERS ARTICLE), j’assiste à une démonstration fort rythmée, emmenée par M. Guy Chautard du club de Lys Lez Lannoy (59… forcément) et je me suis dit qu’il fallait aller voir… certes un peu poussé par un ami qui a la bougeotte.

Sur place (habilles-toi comme tu veux, c’est pas un problème), je me pointe en tshirt et vêtemnents amples de kung fu… veste noire et pantalon en tissu léger.

Première constatation : tout le monde, qui que se soit entrant dans la salle, vous salut d’une poignée de main très cordiale (si se faire désosser la main par des troncs d’arbres importés du brésil peut s’apparenter à un geste cordial… j’en reparle plus loin).

Le salut est simple mais teinté, comme ailleurs, de respect. Les personnes sans vêtements appropriés à la pratique sont placés à l’extrême gauche de la ligne des pratiquants, les débutants à gauche, les experts à droite.
Et l’échauffement commence… ou devrais-je dire la séance de torture (j’ai pas beaucoup sué cette année).
Comme pour toute nouvelle activité, il me faut apprendre et exécuter du mieux possible ce qu’on vient juste de me montrer, le t-shirt prend rapidement la couleur de l’effort (mais il est sous le kimono, donc pour le moment, les apparences sont sauves).

J’ai ressenti les exercices de façon très physique, et je crois comprendre pourquoi ils l’étaient au vue des applications techniques travaillées par la suite.

Détaillons un exercice technique, pour rire :
Sur le dos, posez votre épaule gauche sur le sol, et poussez sur avec la jambe droite. Votre jambe gauche devant passer sous la jambe droite. Ce mouvement ayant pour effet de vous positionner sur le côté gauche. Replacez votre jambe gauche à côté de la droite et faites l’inverse : épaule droite, jambe gauche qui pousse et jambe droite qui passe sous la gauche vous mettant sur le côté droit. Faites toute la longueur du tapis. Une petite dizaine d’exercices suivront, tous basés sur le même principe : échauffer en vue d’une application réelle (en l’occurrence, apprendre à sortir d’une situation ou vous seriez coincé sous l’adversaire).

Saute-mouton, vous connaissez (séquence cardio) ?
La version de saute-mouton utilisée dans ce cours, ne fais rire que les 10 premières secondes, après, vous n’avez plus le souffle (… d’accord, JE n’avais plus le souffle) pour obliger la commissure de vos lèvres à faire quoi que se soit… et certainement pas sourire.

Votre partenaire se place devant vous, de dos, mains sur les genoux, et rentre la tête. Ensuite, vous sautez par dessus en vous appuyant sur son dos (saute-mouton quoi), et sitôt atterrit, vous repassez derrière lui en passant entre ses jambes. Le but de la manoeuvre est d’en faire le plus possible en une minute. J’ai pas passé les 20, et à quinze j’avais déjà le coeur au bord des lèvres. Cardio je vous dit !

Pourquoi aussi rythmé ?
A ce que j’ai pu en voir, travailler avec quelqu’un au sol est très, très physique… au début (il parait qu’on s’habitue). Comme vous travaillez avec des gradés, il vous faut placer des techniques que vous ne connaissez pas ou très mal sur une personne aguerrie. Vous aller donc travailler en force pour tenter de prendre le dessus. Placer une clé de bras à un tronc d’arbre (je vous avais dit que j’en reparlerai) n’est pas chose simple. Cela dit, les essences brésiliennes que j’ai pu rencontrer sont d’une douceur incroyable, souriante et très calme. Vous vous escrimez à attraper leurs jambes, leurs coudes, leur cou, vous vous arc-boutez, cherchez vos appuis, respirez, glissez au dessus, en dessous, respirez, glissez en dessous… tiens encore, respirez, respirez… ah non tiens, vous ne respirez plus. D’ailleurs vous ne vous rappelez plus à quel moment vous avez arrêter de respirer. Ah si, c’est quand vous avez commencé à ne plus voir votre environnement. Mais si rappelez-vous, au moment ou le tronc d’arbre avec un kimono s’est glissé subrepticement au dessus et vous a attrapé le col pour vous placer un étranglement… ça y est, vous vous rappelez. Maintenant, tapez vite au sol avant de perdre connaissance.

Vous venez « d’attaquer », maintenant, c’est à votre partenaire. L’échange durera 10 mn… interminables. Le souffle me manque, les poumons me brûlent… j’y retourne, encouragé par mon partenaire qui se laisse faire gentiment, jusqu’à ce que l’occasion se présente à lui de m’indiquer que je lui laisse un boulevard pour me terrasser.

M. Chautard, très pédagogue, nous indiquera plusieurs techniques à travailler, me permettant « d’affronter » différents gabarits.

Au cours de ces diverses « séances », j’ai pu noter que l’on pouvait jouer avec le poids de son corps pour étouffer l’adversaire, utiliser un kimono pour étrangler et perdre des morceaux de soi sur le tapis.

Mon ressenti sur le jiu jitsu brésilien

C’est, il me semble, une discipline très physique, même si on m’a bien fait comprendre que le temps et la technique aidant, on avait besoin de moins en moins de force. Le travail se fait dans une ambiance très amicale mais très respectueuse (le salut entre chaque exercice est une tape dans la main, suivi d’un léger choc, poing contre poing… check !). Il semble que cela soit un art martial très prisé des combattants complets (bon nombre de pratiquants présents sur les tapis venaient d’horizons fort divers comme le krav maga ou le kickboxing) et il est courant de voir les combats de l’UFC se terminer au sol par un juji-gatame, une omoplata ou un triangle, la soumission étant très recherchée.

De la Riva Jiu jitsuVous trouverez des informations complètes sur le Gracie Jiu Jitsu sur Wikipedia bien sûr.
Club de Lys Lez Lannoy


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