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Qui parierait sur l’élection d’un président de Fédération Sportive à la tête de l’Etat ? Le peuple mongol

Les descendants de Gengis Khan s’apprêtent à élire le 26 juin prochain leur nouveau Président de la République. Et il se trouve que le Président de la Fédération Mongole de Judo, Mr Battulga Khaltmaa est en bonne voie d’emporter le scrutin.

Battulga Khaltmaa lutteur mongol

Membre de l’équipe nationale de lutte traditionnelle mongole de 1979 à 1990, il obtient en 1995 une distinction en tant que « Merited Sportsmen of Mongolia« . En 2006, il devient Président de la Fédération mongole de judo. Un dirigeant sportif qui ne passera pas inaperçu puisqu’en 2008, la Mongolie obtient son premier titre olympique avec la victoire de Tuvshinbayar Naidan dans la catégorie des -100kg. Champion qui confirmera sa performance à Londres en obtenant la médaille d’argent dans la même catégorie.

Et nul ne peut nier la progression permanente des représentants mongoles sur la scène du judo internationale, notamment chez les féminines.

En parallèle de sa carrière sportive, Battulga Khaltmaa poursuit sa formation au sein d’une école d’arts. Il commence à vendre quelques unes de ses oeuvres aux locaux puis aux touristes étrangers.

Puis grâce aux déplacements à l’international qu’il effectue dans le cadre de l’équipe nationale de lutte, il acquiert l’anglais et un certains nombre de compétences qui lui permettront de se lancer dans le commerce d’import-export avant de monter le groupe Genco qui prospérera notamment dans le domaine des transports, loteries, restauration, hôtellerie et commerce de détails.

Fort de son succès sur la scène économique, il se lance en politique et devient député en 2004, membre du Parti Démocratique. Il obtient un Ministère en 2008.

Contrairement aux quelques élus sportifs français promus au rang de Ministre, ce n’est pas le Ministère des sports qui est confié à Battulga Khaltmaa suite à sa réélection au Parlement, mais le Ministère des Transports, de la Construction et du Développement Urbain (2008-2012) puis le Ministère de l’Industrie et de l’Agriculture (2012-2014).

Cette promotion fait suite à un engagement profond en tant que parlementaire, pour permettre le développement international de la Mongolie, pays de 3 millions d’habitants, considéré comme un pays pauvre par les acteurs internationaux. Il contribue notamment à la construction de voies ferrées sur l’ensemble du territoire, pour permettre à tous de profiter des immenses richesses de la Mongolie en termes de ressources naturelles – minéraux entre autres – et d’agriculture.

Il participe également de l’ouverture de la Mongolie sur la scène internationale, en défendant la nécessité pour ce pays de s’insérer dans les négociations multilatérales plutôt que de se concentrer sur la conclusion d’accords bilatéraux, difficile à négocier compte-tenu de la situation géo-politico-économique du pays.

Ce n’est donc pas un hasard si ce dirigeant sportif accède à la Présidence de la Mongolie en juillet prochain.

Contrairement à nombre d’anciens sportifs politisés ou d’élus fédéraux français, Battulga Khaltmaa n’aura fait ni du judo, ni du sport en général son unique cheval de bataille.

Battulga Khaltmaa et son kimono de judoPeut-être est-ce car la culture du double projet sportif et professionnel en Mongolie est différente. Peut-être aussi car le sport est plus valorisé dans ce pays… Nous avons peu d’éléments de comparaison nous permettant de nous prononcer.

Ce qui est certain, c’est que le sport de haut niveau aura très certainement offert à notre candidat des atouts considérables en tant que chef d’entreprise puis de politique grâce aux nombreuses excursions internationales rendues possibles par la participation à de grands tournois de lutte, mais aussi grâce à la culture du combat et de la victoire inculquées par la pratique des arts martiaux et sport de combat.

Le chemin vers la Présidence de la fédération mongole de judo lui aura très certainement permis d’obtenir de la visibilité sur les scènes nationales et internationales et de peaufiner sa stratégie d’accession au pouvoir suprême, sans toutefois obnubiler ses pensées. L’histoire de cet homme parle pour lui…

Article rédigé par Stéphane Nomis
Entrepreneur – CEO Ippon Technologies

Sources : Un dirigeant sportif à la tête de l’Etat ?


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