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La ceinture noire est un bout de tissu que l’on noue autour de la taille, plus précisément sur l’arrière (au-dessus des os iliaques, le bassin) et l’avant (4 doigts sous le nombril), là où se trouve ce que les Japonais appellent le hara. Correctement attachée, elle tient la veste de l’uniforme en place, dont le pan droit est sous le pan gauche (l’inverse sert à habiller les morts pour la cérémonie d’adieu).

Mais alors, la ceinture noire est-elle différente des autres ceintures ?
Finalement, elle ne sert qu’à serrer… Donc elle serre et, si tel est le cas, alors elle sert.

Une histoire de couleurs

La ceinture noire suit la brune (marron). Cette dernière sert aussi à vêtir le judoka (par exemple) convenablement. La couleur change et là est une différence. Juste une mode ? Le brun représente l’enracinement dans la terre, c’est-à-dire lorsque vous avez acquis suffisamment de bases du judo. Alors, sachant que la ceinture noire suit la brune, nous pourrions admettre qu’il s’agit de dépasser ces bases.

Bonus : le brun et le noir ne font pas partie de l’arc-en-ciel, ceci les rend-il uniques ? Sommes-nous passés dans la partie ombrageuse, qui n’a pas de lumière pour en faire une couleur, donc la face cachée du judo ?
Une étape symbolique.

Ceinture noire de judo

Remontons aux sources du judo, premier art martial moderne. Jigoro Kano (fondateur du judo) a décidé de mettre en place le système de gradation avec une partie kyū (aujourd’hui les ceintures de couleurs de blanche à brune) et une partie dan (dès la ceinture noire), sous forme de diplômes. C’est comme si vous receviez un diplôme de baccalauréat, un doctorat, etc. Peu de temps passa avant qu’il n’attribue une ceinture différente pour mieux distinguer les pratiquants débutants des avancés. Ainsi sont nées les couleurs de ceintures, un concept si innovant que les maîtres d’autres arts martiaux emprunteront cette idée très vite. La ceinture noire n’est donc pas un simple bout de tissu, mais un signe que le judoka s’est vu remettre un diplôme. Nous aurions pu avoir un tout autre système, comme par exemple des broderies, des barrettes, des médailles (peu pratique), etc.

La ceinture noire, un investissement

Être ceinture noire, c’est un investissement, puis un signe d’expérience. Un accomplissement parmi d’autres dans la vie du judoka, qui paraît inaccessible tant qu’il n’a pas été atteint. À ce niveau, le judoka commence à apprendre son art plus en profondeur, plus en détails, avec plus de rigueur et d’esprit critique. C’est l’ouverture à de nouvelles choses également, telles que le kuatsu (méthode de réanimation), ce qui demande une régularité à l’entraînement. On aime dire que c’est le début du judo.

Le yūdansha (détenteur de dan) se doit d’être bienveillant et attentif. Il prend soin de ses partenaires et a l’obligation d’être un exemple pour ses élèves.

…vous portez désormais la même couleur que votre coach.

Quand vous ressortez de l’examen du 1er dan, les semaines qui suivent vous semblent différentes. Vous prenez du recul et avez une vue sur votre « carrière », sur tout le travail accompli pour arriver à ce stade. Une bonne remise en question, beaucoup de fierté (attention à rester humble) et, aussi, une ceinture supplémentaire à ranger dans l’armoire. Mais ce paragraphe, je crois qu’il concerne chaque examen, dès la première ceinture, à un détail près – et c’est un détail d’envergure : vous portez désormais la même couleur que votre coach.

Même si le niveau n’est pas le même parce qu’il a un 4e dan et que vous n’en êtes encore qu’au 1er, nouer cette même ceinture, c’est une belle chose.


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