• 107
  •  
  •  
  •  
  •  
    107
    Partages

Devant les interrogations régulières à propos du fait de retrouver nos quyên dans d’autres écoles (styles) d’arts martiaux vietnamiens et/ou chinois, je fais un petit rappel historique. Les dates ne seront pas forcément exactes à l’année près mais correspondent aux périodes.

1968, arrivée de Phạm Xuân Tòng en France

Thây Chuong Môn Phạm Xuân Tòng est arrivé en France en 1968, il a créé son premier club vers 70/71 dans la région de Toulon. Sa pédagogie et son efficacité ont rapidement attirées de nombreux pratiquants.
A l’époque Thây Chuong Môn enseignait le « Kung Fu » de l’école Quan Ky au sein de l’Association Nationale de Kung Fu Kempo (ANKFK) (Kempo en japonais : Ken le poing, po technique, technicité, Chuan Fa en chinois, Quyen Thuật en anh viet qu’on peut traduire par techniques de poing, technicité du combat au sens large, que les occidentaux ont traduit par « boxe chinoise »).
Compte tenu de la situation politique du Vietnam à cette période, une « conscience » des arts martiaux vietnamiens s’éveille en France et en Europe. Les vietnamiens se regroupent pour élaborer « un » art martial vietnamien. La période est propice car le Karaté vient de quitter la tutelle du Judo, donc quelques experts vietnamiens créent la FFVVD à partir de 1973.

1973, création de la Fédération Française de Viet Vo Dao

Dès cette époque, des « anciens » de Thây Chuong Môn le quittent se sentant plus « chinois » que « vietnamien ». Les quyên Quan Ky et certains quyên antiques commencent à se trouver dans des écoles de Kung Fu dont certaines perdurent encore aujourd’hui comme dans la région de Bordeaux ou d’Orléans dont les dirigeants sont des élèves d’élèves (car le temps passe…) d’Hubert Decosse, élève de Thây Chuong Môn Phạm Xuân Tòng à la période de l’ANKFK.

A partir de 1973 donc se crée la FFVVD, ces années correspondent également à une venue massive de réfugiés vietnamiens en France et en Europe. L’âme de l’art martial vietnamien s’éveille, Thây Chuong Môn, en tant que vietnamien, se sent tenu de participer à cette mise en avant des arts martiaux vietnamiens. Il participe donc à la création et au développement de la FFVVD comme au développement des arts martiaux vietnamiens en Europe, en Afrique. Il ira même montrer les arts martiaux vietnamiens aux Etats Unis où il rencontra quelques célébrités comme Bill Wallace, Bob Wall, Chuck Norris, etc.

Au sein de la FFVVD, nombreux sont les vietnamiens et français qui suivirent son enseignement et créèrent par la suite leurs écoles.

Ecusson du Qwan Ki Do

1981, Création du Qwan Ki Do

En 1981, Thây Chuong Môn Phạm Xuân Tòng décide de travailler de façon indépendante, l’école Quan Ky devient le Qwan Ki Do. Ses élèves du monde entier le suivent pour la plupart.
En France le Qwan Ki se développe au sein de la FFQKD. Malgré tout, certains décident de ne pas le suivre dans l’aventure. Quelques uns resteront à la FFVVD, d’autres après un court passage par la FFQKD iront créer leur propre courant de Kung Fu (pour ceux qui avaient suivi Thây Chuong Môn depuis l’ANKFK) en particulier sur la région de Montpellier en créant le Kung Fu Shaolin.

Suite à l’interdiction par l’Etat d’utiliser le terme « Fédération Française de » pour les structures non délégataires la FFQKD voit son nom se transformer en « Qwan Ki Do France ».
De la date de création de la FFQKD en 1981 à Qwan Ki Do France, nombreux sont les pratiquants qui ont appris, évolués, grandis au sein du Qwan Ki Do. A cette période encore, des pratiquants ont souhaité créer leurs propres courants en conservant une partie du programme d’enseignement du Qwan Ki Do.

1995, les chemins divergent

En 1995, Qwan Ki Do France n’est plus, une scission apparaît. Le mouvement qui suit l’enseignement de Thây Chuong Môn Phạm Xuân Tòng et de la WUQKD depuis 1995 à aujourd’hui est l’UFATQKD.
Depuis 1995, il y a eu encore des écoles vietnamiennes ou sino-vietnamiennes qui se sont créées, issues du Qwan Ki Do.

Les quyên du Qwan Ki DO nos jours

Depuis bientôt 45 ans d’enseignement Thây Chuong Môn Phạm Xuân Tòng a formé de très nombreuses ceintures noires et enseignants. Les styles issus de son enseignement, directement ou indirectement, se comptent par dizaines.
Ce n’est pas grave en soi, tant qu’on respecte ou tout au moins qu’on ne dit pas de mal de celui qui est la « source ». De tout temps, il y a eu des échanges entre écoles d’arts martiaux et des gens qui ont créé leurs propres styles. C’est même l’Origine des écoles.

Toutes ces raisons font qu’on retrouve les quyên Quan Ky et quelques quyên antiques du Qwan Ki Do dans d’autres styles d’arts martiaux apparentés sino-vietnamiens. Certains d’ailleurs ne cachent pas leur filiation et appellent ces quyên les « Quan Ky Quyên ».
Le Qwan Ki Do est lui-même une synthèse de courant chinois reconnus, on y retrouve des aspects du Pak Mei, du Shaolin, des styles Hakka, de la mante religieuse, entres autres…
Le Tach Su Quyên, par exemple, (Ser Si Kuen en chinois ) se retrouve dans plusieurs écoles d’arts martiaux originaires du sud de la Chine.
Encore une raison pour laquelle on peut retrouver quelques uns de « nos » quyên dans d’autres courants d’arts martiaux.

Maintenant, il est sûr que pour comprendre l’essence des quyên Quan Ky, il vaut mieux continuer à suivre l’enseignement de Thây Chuong Môn Phạm Xuân Tòng.


  • 107
  •  
  •  
  •  
  •  
    107
    Partages