L’expression Gi ou No gi, couramment employée de nos jours dans le monde du Jiu-Jitsu Brésilien et du Grappling, désigne le fait de s’entraîner et/ou combattre avec ou sans kimono.

Le terme « kimono » en lui-même est inexact, en ce qui concerne la pratique des arts martiaux (japonais). La tenue de pratiquant s’appelle Keikogi et se décline en fonction de la discipline pratiquée : Karategi, Judogi, etc. Le mot « Gi », à lui seul, peut aussi être employé. En revanche le « kim » qu’on emploit souvent, n’est que la réduction du mot « kimono » et donc inapproprié dans la pratique des arts martiaux.

Le terme « kimono » en lui-même est inexact

L’objet de cet article n’est pas de faire l’étymologie du mot en lui-même, mais de savoir si la pratique en « Gi » peut être substituée à la pratique en « No Gi », quelle que soit cette tenue, et si elle est aussi efficace en terme de résultats en combat, et donc en compétition, puisqu’aucune étude ne permet de savoir si la tenue utilisée dans la pratique aide ou gène l’efficacité en combat réel, c’est-à-dire en self défense.

Prenons un cas concret : La lutte peut être considérée comme le pendant « No Gi » du Judo. Un judoka sera-t-il alors aussi efficace en lutte qu’un lutteur en Judo ? Pas simple dans la mesure où peu d’entre eux se risquent à pratiquer l’autre discipline en compétition. Néanmoins, j’ai vu des judokas placer de belles projections dans des combats « No Gi », en Lutte greco-romaine ou même en MMA (Ronda Rousey).

En revanche, peu de lutteurs viennent se tester en kimono gi, sauf le jour où un champion de lutte en vacances en Bretagne, n’ayant pas de club de lutte à proximité, est venu s’entraîner dans mon club de judo. Pas facile pour lui, mais aussi très gênant pour nous, avec un style inhabituel pour des judokas.
Prenons un autre exemple, dans des styles proches, voire similaires, comme le Karate Kyokushinkai et le Kick Boxing. On constate qu’un bon nombre de champions du K1 sont des pratiquants de Karate Kyokushinkai (ou de styles issus du Kyokushinkai).

Le cas le plus courant est celui des pratiquants de Jiu-Jitsu Brésilien (JJB). Ceux-ci pratiquent leur
art revêtu d’un « Gi », à l’entrainement, tout comme en compétition. Néanmoins depuis les débuts du JJB, de nombreux défis ont eu lieu sous forme de « vale tudo » (Tout est permis, en portugais), l’ancêtre du MMA. Ces combats se déroulaient parfois en kimono gi, mais le plus souvent avec un simple maillot de bain. La tenue utilisée en MMA aujourd’hui en est l’héritière. Les combattants issus du JJB n’ont aucun souci avec le fait de combattre en MMA, donc sans gi.

la tenue a peu d’importance dans les arts de percussion

Une pratique est apparue ensuite, issue du JJB, mais se déroulant sans gi, le Grappling. Les premières compétitions de cette forme de combat furent les Championnats de l’ADCC (Abu Dhabi Combat Club). Là encore la plupart des vainqueurs furent les champions du JJB. Mais cette pratique, aussi appelée « Submission Wrestling » (Lutte de Soumission), existe déjà au Brésil et se nomme Luta Livre (Lutte Libre). Elle se pratique sans gi et fut longtemps le rival du JJB. Ses champions sont très efficaces, mais on les a très peu vus s’essayer aux compétitions de JJB avec un gi.

Au final, la tenue a peu d’importance dans les arts de percussion. Pour faire simple, je dirais qu’un karateka peut réussir en Savate, et inversement (en maîtrisant ses règles). Par contre, dans les disciplines dites de « préhension » (judo, lutte, Jiu-Jitsu, etc. l’utilisation du vêtement a une grande importance, quand les saisies sont possibles. Toutefois, il semblerait que le fait de combattre sans l’utilisation de ce fameux « kimono » (gi), ne gêne pas les pratiquants issus du « Gi », en tous cas, pas ceux du JJB.