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Heian Shodan, premier kata de karateQu’on les nomme pomsee, kata, quyen ou tao lu, les formes sont omniprésentes dans les arts martiaux, y compris au judo, en aikido et d’autres.

C’est quoi une forme ?

Le triangle est une forme de base de la géométrie. Cette forme sert à appréhender des concepts simple afin de pouvoir apprendre, par exemple la trigonométrie (système de résolution mathématique basé sur les angles).
A l’image du triangle, les formes en arts martiaux, sont une suite de mouvements « simples » permettant d’appréhender des techniques de plus en plus complexes.

Pourquoi avoir mis le mot « simples » entre guillements ? Parce que lors de votre pratique vous commencerez à apprendre les formes simples au cours de votre première année. La seconde année (ou plus tôt si vous apprenez vite), vous verrez une autre forme, plus difficile que la première ou permettant d’approcher l’art martial sous un autre angle. Puis la troisième année encore plus difficile ou un angle nouveau d’apprentissage, etc.

A quoi ça sert ?

L’explication, pour moi, s’appuie sur le combat. Afin d’être toujours prêt à se défendre dans un combat (rue ou compétition) il faut savoir réagir quelque soit la situation, sa position par rapport au sol, par rapport à l’adversaire ou par rapport à l’environnement.

Malheureusement, comme il est absolument impossible de couvrir toutes les situations existantes, les fondateurs des arts martiaux ont créés des combats fictifs dans lesquels le pratiquant lutte contre un ou plusieurs adversaires imaginaires.

Dans ces conditions particulières de combat chorégraphié (en gros c’est la même chose qu’un combat au cinéma), vous pouvez apprendre sereinement vos techniques, parce que vous n’avez pas peur de prendre des coups.

Et pourquoi pas monter sur un ring ?

Bien sûr, vous me direz qu’il y a le combat pour ça (avec protections ou pas), c’est vrai mais encore une fois, vous ne pourrez couvrir toutes les attaques et défenses imaginées par l’adversaire. Je ne dis pas que c’est une méthode miracle, ! Il est vrai que même dans les formes on ne peut pas tout couvrir, cela dit, la diversité des techniques alignées les unes derrières les autres (et répétées encore et encore) permet d’embrasser un panel tellement large, qu’on finit par pouvoir parer à l’inconnu en passant par ce type d’apprentissage.

Je ne me vois pas utiliser la position du clou dans un combat !

Zen kutsu (japonais), gong bu (chinois), dinh tan (vietnamien), ap goubi sogui (coréen) sont des noms différents pour nommer la même position. Mais pourquoi apprendre ces positions, jamais vraiment stables en toutes circonstances ?

Les positions, dans la plupart des arts martiaux, ne sont pas des méthodes pour être stables tout le temps. Elles sont multiples justement parce que chacune d’elles prises séparémment ne suffit pas. Le zen-kutsu par exemple (je parle de la position en générale et pas du karate-do spécifiquement) est absolument inefficace lorsque l’on est frappé perpendiculairement à l’axe de déplacement. En connaissant un maximum de positions, vous pouvez donc réduire les situations ou vous serez en déséquilibre.

Y a-t-il beaucoup de formes à apprendre ?

Lao Mai Quyen, forme de Vo co truyen VietnamDisons que pour avoir un aperçu des techniques de l’art martial, vous allez voir en moyenne 5 formes. Ensuite, vous devenez "ceinture noire" (pour garder un système de référence connu par tous) et vous pouvez alors commencer à apprendre véritablement l’art martial que vous aurez choisi en voyant d’autres formes plus complexes, plus fournies, parfois avec des armes, parfois avec un partenaire (tori dans les arts martiaux japonais).
Combien de formes ? Plusieurs dizaines. C’est un travail de mémoire, de persévérance et de motivation.

Qu’est-ce que ça peut m’apporter en dehors du club ?

Travailler les formes est aussi un travail sur soi. En les répétants sans cesse, vous allez vous endurcir physiquement et mentalement. Vous endurcir oui, mais pas seulement.
Une formes peut se travailler de plusieurs façon et ainsi vous permettre de développer plusieurs choses.
Voici des exemples de travail à effectuer pendant vos formes :
– en travaillant lentement, vous travaillerez musculairement et affinerez votre stabilité et votre équilibre .
– rapidement, c’est votre équilibre et votre endurance que mettrez à rude épreuve.
– descendez vos positions (en exagérant l’écart des pieds et en forcant vers le bas) et vous travaillerez la stabilité et le muscle. Combinez avec un travail lent ou rapide et vous obtenez un mélange détonnant.
– avec une arme ou des armes, vous travaillerez votre poigne et votre précision.
– etc.

La "Forme Molle" spéciale Masterfight.

J’ai "découvert" une façon supplémentaire de travailler mes formes : la forme molle (non pas de jeu de mot là-dedans… form’molle… formol… ok laissez tomber).

Le but est de vérifier que votre cerveau a assimilé l’ensemble de la forme au niveau chorégraphique (j’appelle ça "intégrer") et ainsi de pouvoir vous focaliser sur les détails techniques.
Pour cela, il faut empêcher le cerveau de prendre les commandes (en gros, vous devez vous empêcher de réfléchir à ce que vous faites). Il faut le déconnecter. Pour ça, vous aller devoir effectuer votre forme non pas rapidement, mais à toute allure. Le plus vite possible.

Ne descendez pas vos positions, n’allez pas jusqu’au bout de vos mouvements, ne cherchez pas l’efficacité… ce n’est pas l’exercice.

Si vous connaissez bien votre forme, vous irez jusqu’au bout sans hésiter. Si par contre, elle n’est pas intégrée, alors vous hésiterez. Vous saurez que c’est ce passage là, qu’il vous faudra travailler.


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