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« Le Karate-do a été considéré par le public comme un spectaculaire moyen de combat avec des coups de pieds en l’air et qui a comme seul objectif celui de tuer.Mais il y a une signification qui va bien au delà de cette interprétation superficielle.

Comme méthode de self défense le Karaté-Do a peu d’équivalent. Jusqu’à maintenant malgré toutes les techniques crées ces dernières années. En dépit de sa grande popularité et de tout ce que l’on a dit ou écrit, l’essence de cet art n’a été que faiblement compris par beaucoup de pratiquants. Vieux dans leurs origines, les arts martiaux de l’Orient ont toujours eu le développement de l’esprit humain, aussi bien que du corps comme buts essentiels.

Le Karaté-Do (la voie du Karaté) n’est pas différent des autres arts martiaux dans ces deux aspects. Les animaux ne sont pas contractés, pourquoi l’homme le serait il ? La souplesse et la flexibilité sont des aspects naturels du corps humain, la rigidité est le signe de la mort. »

Extrait de « the heart of Karate-Do » du Maître Shigeru Egami

L’histoire de Maître shigeru EGAMI

Egami senseïLe Maître shigeru EGAMI est né le 7 décembre 1912 à Miyanoura-cho, Omuta-shi, Fukuoka-ken (Kyushu). Il entre en 1932 à l’université de Waseda Shigeru Egami étudie sous la direction du sensei Shimoda, qui décédera prématurément, et participe, avec Yoshitaka Funakoshi, le fils du Maître, appelé aussi Gigo, à plusieurs démonstrations à Nagoya, Kobé, Yawata, Wakamatsu.

En 1935, l’association Shotokaï rassemble les disciples du Maître Funakoshi. Il se destine au karaté-do.
En 1937 il est nommé par le Maître Gichin Funakoshi membre du Karaté-Kenkyu-kai. La commission d’étude et de recherche technique du Karaté-Do.
En 1939, Inauguration du « Dainippon Karate-do Shotokan Dojo » (actuellement à Méjiro, Toshima-ku, Tokyo).
En 1945, le Shotokan Dojo est détruit par les bombardements. Pendant cette période, le Maître EGAMI assure l’intérim de maître FUNAKOSHI et devient membre du jury du siège de la Shotokan.
Décès en 1948 de Gigo « Yoshikata » FUNAKOSHI (fils).
En septembre 1955, S.Egami devient shihan du club de Karaté de l’université de Gakushuin.
Le 26 avril 1957, Maître Gichin FUNAKOSHI décède.

Le 1er septembre 1957 s’ouvre le Tokyu Karaté Dojo et S. Egami en est nommé officiellement shihan. En octobre de la même année, il devient également le shihan du club de Karaté des universités de Chuo et de Toho. L’association Shotokaï se reconstitue conformément aux dernières volontés de son fondateur.

En tant que dépositaire du Karaté-Do créé par le Maître Funakoshi, le Maître Shigeru Egami insuffle une nouvelle dimension à cet art qui s’apparente, totalement désormais, comme l’Aikido du Maître Ueshiba, au « Budo » « l’Art des Samouraïs » où le corps et l’esprit ne font qu’un.

egami_animLe sensei Egami disait : « Celui qui veut suivre la Voie du vrai Karaté-Do ne doit pas seulement approfondir l’harmonie avec son adversaire, mais la compléter en lui-même. Il n’est pas question de tuer, ni même de gagner. Si au lieu de vous opposer aux mouvements de votre adversaire, vous bougiez avec lui de manière naturelle, qu’arriverait-il ? – Vous ne ferez qu’un avec lui, et quand il bougera pour frapper, votre corps bougera naturellement pour prévenir le coup. Quand vous arrivez à cela, vous découvrez un monde dont vous n’aviez aucune idée. Quand vous êtes en harmonie avec votre adversaire et que vous bougez avec lui sans opposition, alors il n’existe plus de première attaque. La signification de « Karaté ni sente nashi » – il n’y a pas de première attaque en karaté – ne sera comprise que lorsque l’on a atteint ce stade d’harmonie. C’est cela l’objectif physique et spirituel de l’entraînement. Mais on n’arrive à cela que par un travail difficile. »
Extrait de « the heart of Karate-Do » du Maître Shigeru Egami

Le Maître S. Egami encourage la création d’écoles au Japon et dans le monde entier.
En novembre 1970, i1 publie « Karaté-do, à l’usage des professionnels » et supervise, en 1975, la reconstruction du Shotokan Dojo, à Tokyo, Shibaura (actuellement à Mejiro, Toshima-ku).
Dès 1976, il en est le directeur technique.

Le Maître voyage également.
En 1973 il est à Los Angeles, en 1976 à Taïwan et en Juin de la même année, il visite cinq pays d’Europe où l’accueille le Maître Tetsuji Murakami. Le 8 janvier 1981 à 19 heures il décède à Tokyo.

L’essence du Karaté-do Shotokaï

Depuis que la nouvelle conception de l’entraînement créé par le Maître Shigeru Egami a été connu et diffusé, il y a eu beaucoup de fausses idées qui ont été écrites et dites et continues aujourd’hui à ce propager. Je vais essayer de répondre à toutes les questions que le Karaté-do Shotokai du Maître Egami suscite.

Une légende a fait croire que la notion d’attaque unique c’est-à-dire mettre hors de combat son adversaire d’un seul coup de poing était notre façon de pratiquer. Ceci vient d’une mauvaise compréhension et interprétation de la phrase du Sensei Egami : « Un poing, une vie ». Ce qui signifie uniquement que l’on met toute notre concentration et notre énergie dans chaque attaque que l’on porte comme si de cette attaque dépendait toute notre vie, ce qui doit être le cas dans toutes formes de combat où notre vie est en danger.

A chaque attaque ou défense il faut les pratiquer en concentrant le maximum d’énergie en un seul point ce qui les rend de ce faite plus efficace.
Prenons l’exemple d’un tireur à l’arc, il tire une seule flèche à la fois et il doit atteindre sa cible avec le maximum de précision et de force. Pour le Karaté-do Shotokai cette notion dans l’attaque et la défense et la même.

Il y a une deuxième caractéristique de l’entraînement : les positions basses. L’expérience a prouvé qu’il était plus facile de bondir ou d’attaquer en partant d’une position basse.
Pendant l’entraînement les positions basses permettent aussi de bien comprendre le déplacement du corps et donne plus de stabilité. Il y a une explication liée à la peur, devant le danger le corps a tendance à monter et son centre de gravité aussi. Le fait de travailler bas permet de contrôler cette réaction, de s’assouplir et de se décontracter. Il y a eu une grande confusion dans le Shotokai entre l’entraînement et la pratique. Le travail bas n’étant un but en soit mais un moyen. Dans la pratique le corps entraîner peut se mouvoir avec plus d’aisance dans n’importe quelles positions.

La troisième caractéristique est que l’on ne pratique pas de compétition, et certain l’on résumé en disant que l’on ne pratiquait pas le combat. Mais pour nous la notion de combat n’est pas la même. Je pense qu’il est plus dur de l’éviter que de le faire. Comment peut on s’imaginer qu’en s’inscrivant dans la tradition du Budo, on pratiquerait une sorte de danse ? La souplesse ne signifie pas mollesse. La grande force du Maître EGAMI et d’avoir conçu une forme d’entraînement et d’exercice qui permettent travailler l’esprit et corps afin d’être prêt, disponible comme les samourais pour un éventuel combat.

Le Shotokaï aujourd’hui

Au Japon l’association Yutenkai regroupant les plus fidèles des élèves du Maître S. Egami, continue dans la voie. Tous les ans un grand stage réuni tous les groupes du Japon et d’Europe. En France le Sensei Yves AYACHE dirige KISEIKAI. Il est aussi le représentant officiel en Israel avec ISKA.

Photos prise à Paris lors De son voyage en Europe en 1976 avec ses trois élèves. Au centre le Maître Shigeru Egami et sa femme à sa droite le Maître Tetsuji Murakami était son représentant pour l’Europe. Yves Ayache et le deuxième en partant de la droite de la photo.
Photo prise à Paris lors de son voyage en Europe en 1976 avec ses trois élèves. Au centre le Maître Shigeru Egami et sa femme à sa droite le Maître Tetsuji Murakami était son représentant pour l’Europe. Yves Ayache est le deuxième en partant de la droite de la photo.

J’ai donné certaines photos dans le but de montrer d’autres facettes du Maître Egami et du Shotokai que celles que l’on a tendance à montrer.  Au Japon il est considéré l’égal du Maître Ueshiba.

Extrait du livre en japonais du Maître Shigeru EGAMI  (traduction effectuée par Mme Haya Hadassah Ayache)


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