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Prendre conscience du mouvement

Yi quan vient de:

  • Yi (意) qui veut dire l’intention,
  • Quan (拳) qui veut dire poing ou boxe.

Yiquan (拳) peut donc se traduire par «boxe de l’intention».

Dans l’article «Il était une fois le yiquan», nous avons vu que dans le yiquan, WANG Xiangzhai a épuré tout ce qui n’était pas, selon lui, réellement utile dans les arts-martiaux, pour ne garder que l’essence.

  • Il a enlevé tout enchaînement prédéfini (daolu en chinois, ou kata en japonais) et toutes acrobaties.
  • C’est un style sans forme propre, qui est principalement basé sur l’intention.
  • C’est une discipline qui vise à enseigner explicitement comment unifier l’intention, le ressenti et le corps, en étant présent dans toutes les directions en même temps.

Souvent, quand on apprend à donner un coup dans une direction, on nous dit d’être le plus fort possible dans cette direction (sans pour autant être crispé, on est d’accord).

Mais qu’en est-il des autres directions ?
La plupart du temps on ne s’en occupe que peu.

  • Parfois on va les verrouiller musculairement, mais dans ce cas, il y a risque d’entrainer des contractions, donc perte de rapidité.
  • Parfois, pour parer à cette difficulté, certains enseignements vont se focaliser sur la rapidité (pour ne pas laisser le temps à l’adversaire de contrer et bloquer), mais dans ce cas on perd souvent en puissance.

Ce que WANG Xiangzhai a apporté, est une conscientisation du mouvement dans toutes les directions, sans crispation.

Par exemple :
Si je donne un coup vers l’avant, dans mon coup, il y aura aussi une force consciente vers l’arrière + sur les deux côtés + en haut et en bas en même temps.
Cela permet de gagner énormément en stabilité, en force et en rapidité sans pour autant se crisper ni trop se fatiguer.
Chaque mouvement est travaillé avec une intention particulière, et quand le coup est porté, c’est tout le corps en même temps, des orteils à la tête, qui le donne, quelle que soit la direction.

 

Ce que vise le yiquan

Atteindre le wuwei, c’est atteindre un état d’équilibre entre relaxation et tension. Le mouvement est en même temps tonique et en même temps relâché. Dans cet état, la force devient très explosive et dense sans pour autant être contractée.

L’immobilité et le mouvement, l’attaque et la défense, ne sont plus que deux aspects d’une même énergie qui peuvent se manifester sans opposition. La rapidité accroit, sans pour autant perdre en puissance.

Le yiquan n’a pas de «techniques» particulières. On peut dire qu’il est plus basé sur l’apprentissage du ressenti de sa propre présence et de celle de son opposant.

Lors d’un combat le but va être de sentir les directions de forces plus faibles ou vides chez l’adversaire, et de rentrer dedans pour le déstabiliser et lui porter un/des coups.

Pour cela il est d’abord nécessaire d’apprendre soi-même à rester stable et présent de façon multidirectionnelle.

La pratique va permettre de développer cette force explosive et instantanée, dense et élastique, dans toutes les directions en même temps. C’est ce qu’on appelle la force multidirectionnelle.

WANG Xiangzhai disait que «la forme, le ressenti et l’intention sont liés».

Par conséquent, si on ne travaille que sur la forme, l’obtention du ressenti est plus difficile, voire impossible.

Si on exerce l’intention et le ressenti, alors la forme vient d’elle-même.
Si on exerce la forme et l’intention, alors le ressenti vient de lui-même.

Le point commun c’est l’intention.

 

Le système du yiquan

Il est structuré en 6 grandes catégories de pratiques.

(Certains en mettent 7, d’autres 8. Peu importe le nombre, ce qui compte c’est le contenu).

Ces pratiques visent à atteindre un état d’équilibre entre tension et relaxation, de manière à utiliser cette force multidirectionnelle instantanément, sans préparation préalable, avec n’importe quelle partie du corps.

Ces 6 grandes catégories sont :

  1. Les postures d’enracinement
  2. Les essais de force en statique et dynamique (certains séparent cette partie en 3 : statique / déplacement des pieds / déplacement en coordonnant pieds et mains)
  3. L’explosion de la force
  4. Les poussées des mains
  5. Le sac de frappe
  6. Le combat libre

A tout ceci on peut rajouter l’essai du son (utiliser le son dans tout son corps durant l’explosion de la force), et la danse de la santé, qui est une combinaison de toutes techniques ensemble sur des enchainements spontanés.

Ces pratiques forment un tout inséparable. Elles sont imbriquées et interagissent les unes sur les autres.

Par exemple :
Pratiquer les postures va aider à développer les tests de forces qui aideront à bien réaliser l’explosion de la force.
Maintenant, en s’entraînant à faire exploser la force, on améliore aussi le ressenti dans les essais de force qui vont aider à ajuster les postures.

Et c’est valable pour toutes les pratiques entre elles.

[vimeo width= »610″ height= »400″]http://vimeo.com/49305966[/vimeo] Vidéo tirée du site sensartsmartiaux.com

Qui peut s’entraîner et comment ?

N’importe qui, quel que soit son âge, son sexe, sa corpulence, son niveau, sa force, sa souplesse, etc… peut pratiquer cette discipline.

Il n’y a aucune restriction.

Chaque pratiquant peut aborder cette discipline au niveau qui l’intéresse et lui correspond :

  • Certains vont être plus attirés par l’aspect santé, en laissant de côté le combat,
  • D’autres vont plus avoir envie de développer l’aspect combatif et confrontation, etc…

D’ailleurs, sur la deuxième moitié de sa vie, WANG Xiangzhai ne s’occupait plus du tout de la partie combat, c’est YAO Zongxun qui s’en chargeait. Il passait beaucoup de temps à soigner les gens (ex : dans les hôpitaux) en les aidants à développer leur énergie interne avec des pratiques comme les postures, par exemple.

Dans les arts-martiaux le côté santé est primordial : si la personne est physiquement faible et en mauvaise santé, elle ne tiendra pas un combat.

Le développement de la santé est donc la base.

Ensuite, suivant les sensibilités ou les intérêts chacun peut développer plus certains aspects que d’autres, sachant encore une fois, que tous sont interconnectés et vont participer à un développement complet (santé, combat, poussées des mains, etc…)

 

Où le pratiquer?

Même si cette discipline n’est pas encore très connue, il existe aujourd’hui de plus en plus d’écoles qui l’enseignent.

Les trois grands maîtres d’aujourd’hui (YAO Chengguang, YAO Chengrong et CUI Ruibin) ont chacun développé une approche qui leur est propre.
YAO Zongxun a fait évolué le style par rapport à l’enseignement de WANG Xiangzhai.
Aujourd’hui, chacun des trois a ausi fait évolué le yiquan à leur façon.

Le fond, en final, reste le même. La forme varie un peu entre les trois.

En France, le style le plus répandu est celui enseigné par CUI Ruibin.

Pour plus d’info

– La fédération française de wushu

N’hésitez pas non plus à prendre contact avec l’auteur de l’article, Philippe Chevaux (qui a passé 2 ans à apprendre le Yiquan aux côtés de YAO Chengguang, à Pékin.
– site officiel sensartsmartiaux.com


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