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Wing chun - Sifu Lo Man Kam - Ronchin 2009
Ce stage ayant eu lieu à Ronchin, entre le 21 et le 28 février 2009 a été dirigé par le sifu Lo Man Kam (venu spécialement de Taïwan) en personne au sein du club ou enseigne sifu Luc Buelens (wushu et wing chun).

Plusieurs vidéos sont en cours de traitement. Je vous signalerai quand elles seront ajoutées à ce compte rendu. En attendant, voici un album des photos du stage réalisé par Frédéric Guyot.

Toutes les sessions de ce stage ont débutés par un petit footing autour de la salle, accompagné du sifu (76 ans). Un moment convivial où les participants, au fil des jours, se rapprochèrent.
Puis, en guise de mise en bouche, l’exécution de la première forme (siu lim tao) donnait à ce début de stage, une ambiance concentrée.

Le 1er jour

Wing chun - Sifu Lo Man Kam et Akim en démonstrationSifu Lo Man Kam détailla la première forme, s’aidant de Akim en guise de démonstrateur/traducteur, puisque le sifu ne parle « que » le chinois et l’anglais.
Au cours de cette première journée, les forces (au sens physique) en présences dans certains mouvements du wing chun (notamment le pivot sur les talons) sont démontrées au travers de l’exemple d’une pièce de monnaie qui tourne sur elle-même.

Le wing chun pour Lo sifu, est une affaire de sensation, de feeling, pas du tout une histoire de force (au sens musculaire). Le maitre vient s’asseoir à côté de moi (pendant que les élèves travaillent) pour tenter de m’expliquer ce principe de peu de force en utilisant l’image des monnaies européennes (qui est une monnaie forte actuellement) et japonaises. Il faut beaucoup plus de yen que d’euros pour acheter un même objet. Les principes du wing chun sont à l’image de l’euro, peu de force pour le même résultat.

La première forme est là pour poser les bases, la seconde pour donner les angles, la troisième pour donner, entre autres choses les finesses de frappes ainsi que les déplacements.

Selon certains pratiquants, les première et deuxième formes suffisent à trouver les techniques nécessaires à se défaire d’un adversaire, et il est rarement besoin d’aller piocher dans la troisième.

Le 2ème jour

Certaines applications sont abordées, et le travail en chi sao peut commencer. Une fois que Lo sifu a montré l’exercice, le groupe recherche les sensations associées et les interprétations du mouvement, vont bon train.

Le 3ème jour

Rien à déclarer 😉

Le 4 ème jour

Wing chun - Sifu Lo Man Kam interviewéUne équipe féminine de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, armée du matériel adéquat (micro pro, caméra volumineuse et compétences de journaliste) vient faire le portrait de sifu Lo Man Kam. Le maître se prête volontiers à l’exercice, laissant le temps aux étudiantes de comprendre ses propos (ses réponses étant en anglo-chinois). Plusieurs stagiaire seront interrogés sur le wing chun et leur pratique.

Au déjeuner, j’ai l’immense plaisir d’être invité par sifu Luc Buelens (organisateur de cette semaine exceptionnelle), à la table du maître dont il s’occupe durant son séjour. L’occasion pour moi de lui poser des questions sur le film Ip Man (son oncle), incarné sur le grand écran par Donnie Yen, qu’il a vu et apprécié et sur Li Xiao Long (Bruce Lee) qui fût pris, comme chacun le sait (les fans en tout cas) comme élève par le grand maître en personne.

Wing chun - Ip Man, le filmDans ce film ou on voit Ye sifu (Ye Wen est le vrai nom de Yip Man), désarmer un officier. Je lui demande si cette scène est vrai. En fait, il me répond indirectement en m’expliquant comment faire la même chose et c’est assez simple si l’arme est de mauvaise facture comme c’était le cas à l’époque.
Cela dit, en recoupant une interview tiré de « wing chun magazine », j’apprends que cette scène, en plus de la scène ou il défend son épouse devant chez lui (face aux officiers japonais), est en fait une seule scène. En effet, Yip Man dans sa toge, n’étant pas très impressionnant aux yeux des japonais, ces derniers se permirent quelques écarts de conduite envers la dame de ses pensées, c’est à cet instant qu’il s’interposa et désarma l’officier (historiquement, c’est une des choses qui fit monter la pression entre le grand maître et l’envahisseur nippon – la deuxième étant son refus de leur enseigner le wing chun).

J’appris aussi que non, à Fujian à cette époque, il n’était pas besoin de défier tous les sifu des alentours pour ouvrir son kwoon.

Quant à Li Xiao Long, il n’aurait pas terminer sa formation auprès du maître et se serait arrêté à la deuxième forme avant de partir pour devenir acteur. Plus tard il revint, offrant de payer sifu Yip Man qui s’en offusquant, lui refusa le fin de la formation. J’ai cru comprendre (et je vais chercher plus avant) qu’il finira quand même sa formation au wing chun, mais avec quelqu’un d’autre.

Au cours de ce repas, j’apprends quelques exploits de Lo sifu notamment celles-ci :
– il serait capable de planter des baguettes dans une planchette en bois en les lançant avec force
– il serait également capable de faire sauter le fond du bouteille en tapant sur son goulot.
Alors que nous évoquions cette technique, les convives autour de la table on put noter une certaine réticence de la part de sifu Luc : « Non non, ne lui demandez pas, il va y en avoir partout ! », nous a-t-il dit en souriant.

Le 5ème jour

Wing chun - Sifu Lo Man KamAu cours de cette journée, un gros travail est effectuée sur une projection et tous le monde est jeté par terre (après révision des chutes).

Au cours de cette journée le sifu nous expose la filiation des élèves du grand maître Ip Man :
Ip Man eu trois fils qui apprirent son art > Ip Chun, Ip Jan et Ip Wah.
Il eu également plusieurs élèves :
– 1er élève > Leung Chan
– 2ème élève > Lock Yue
– 3ème élève > Lo Man Kam (le fils de la soeur de Ip Man)
Chu Zen Tin (Hong Kong), Wong Shon Leun, Bruce Lee et Duncan Leung (USA) furent également ses élèves. Leung Ting fut le premier élève de Leung Chan

Sifu Lo Man Kam a plusieurs élèves dans plusieurs pays :
– Luc Buelens (Ronchin, France)
– Marc Anders (Allemagne)
– Philipp (Suisse)
– Zothgan (Hongrie)
– Gorden Lo, le fils de Lo Man Kam (USA)

Le 6ème jour

Alors que les préparations physiques sont terminées et que les premiers exercices sont donnés, Lo sifu doit interrompre les activités et recentrer le travail des élèves, car le wing chun n’est pas de la bagarre. Tous le monde a bien compris maintenant que tenter des clés de jambes après avoir mis son adversaire au sol, CE N’EST PAS DU WING CHUN !
Une fois la leçon donnée, les choses rentrent dans l’ordre et le stage peu reprendre son cours.

 

Dans les derniers jours de ce stage, un certain relâchement s’est installé et quelques élèves se laissent aller à divers exercices physiques. L’occasion pour le sifu chinois de montrer quelques méthodes pour se renforcer comme les abdos, et notamment les pompes sur 5, 4, 3, 2 et un doigt, les pouces. Il joint alors le geste à la parole et nous gratifie de quelques pompes sur les pouces… à 76 ans, avec le sourire s’il vous plait, un vrai bonheur.

Au cours de cet évènement, j’ai pu entendre les anciens me dire que beaucoup de professeur d’autres arts martiaux, venaient apprendre le wing chun. Peut-être par curiosité, peut-être après une prise de conscience, il faudra que je les interroge directement pour en savoir plus.

Sifu Lo Man Kam est aussi, selon les dires de la traductrice Shao E, un excellent cuisinier et un amoureux de la calligraphie (dont j’ai pu voir un exemplaire, cadeau de Lo sifu à son élève Luc).

Wing chun - Sifu Lo Man Kam - Entretien pour Masterfight.net
sifu Lo Man Kam et moi-même préparant l’entretien
J’ai aussi eu la possibilité d’avoir un entretien vidéo d’une bonne heure, avec le maître. Il s’est prêté au jeu avec plaisir et j’espère pouvoir vous présenter cette vidéo au plus vite (ça fait appel à quelques connaissances techniques que je dois acquérir).

Le stage se termine le samedi 28, devant le pot de l’amitié organisé par le responsable de la salle. C’est l’occasion pour toutes et tous de dire au revoir au maître une dernière fois. Mme Danièle Segers, seconde adjointe au maire et M. Bernard Nevejeans, président l’OSR de Ronchin ont tenus à être présent pour cette occasion, ainsi que Mrs Olivier Tirloir et Roger Hayet, respectivement président et vice-président des Arts Martiaux Ronchinois.

Remerciements

Je tiens à remercier très sincèrement M. Luc Buelens pour m’avoir permis, et de suivre cet évènement et de rencontrer sifu Lo Man Kam (rencontrer un authentique maître chinois n’arrive qu’une fois dans sa vie). Je tiens à remercier également Frédéric Guyot pour sa disponibilité, sa gentillesse et son matériel (d’autres photos devraient découler de cette rencontre).

Vous pouvez trouver toutes les infos concernant le Wing Chun à Ronchin sur le site Wing Chun France ainsi que sur le site des Arts Martiaux Ronchinois.


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