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Karate Bushido interview madame la ministre des sports Chantal JouannoMme Chantal Jouanno, Ministre des sports depuis le 14/11/2010 fait parler d’elle… et ça s’entend de loin.

En effet elle est interviewé par Karate-Bushido ce mois-ci. Les réponses aux questions du premier magazine français dédié aux arts martiaux et aux sports de combat remue la communauté du MMA… et pour cause, madame la ministre assimile le MMA a des combats de coq.

Bertrand Amoussou, Président de la commission nationale de MMA a souhaité répondre à ces attaques.
(droit de réponse repris avec l’autorisation de la CNMMA)

Je me permet de vous donner mon avis à la fin d’article.

Karaté Bushido : Aujourd’hui, les tournois et la retransmission Tv MMA sont interdits en France. Allez-vous le légaliser ou la situation actuelle vous convient-elle ?
Karate Bushido interview madame la ministre des sports Chantal JouannoLa ministre des sports, Chantal Jouanno : Avec moi, il n’y aura pas de légalisation du MMA. C’est contraire à toute éthique, contraire à toutes les valeurs du sport que l’on essaie de défendre, à toute forme d’art au sens propre. Cela n’a rien n’à voir avec le sport. Pour moi, ce n’est que du jeu de pari d’argent et c’est cela qui détruit parfois le sport .Donc ce n’est pas du sport. On ne va pas légaliser les combats de chien ou les combats de coq. C’est la même logique.

Bertrand Amoussou : Madame le ministre, il me semble que vous faites des amalgames très graves associant les jeux de pari et les combats de chiens et de coq ou tout autre pratique avilissante.
Vous n’êtes pas sans savoir dans un premier temps que la législation a changé en France et que les jeux de pari en ligne notamment sont aujourd’hui autorisés et on peut voir à la télévision française, à des heures de grandes écoutes, des émissions qui proposent justement des pronostics.
Si les jeux de pari ne concernent que le sport alors exit le foot, le rugby et le tennis pour ne citer qu’eux.

Karaté Bushido : Ne serait-il pas préférable d’encadrer cette pratique, qui touche beaucoup les banlieues plutôt que de la laisser dans la nature avec tous les risques que cela peut comporter ?
La ministre des sports, Chantal Jouanno : Il ne s’agit pas d’encadrer cette pratique puisque dés lors que vous l’encadrez, vous la reconnaissez et lui donnez un statut. Donc, non. Par contre c’est vrai que dans les banlieues ou les quartiers défavorisés, un axe important de notre politique est de pouvoir développer d’autres sports avec des règles comme le Karaté, la Boxe thaï ou la boxe.

Bertand amoussou répond à madame la ministre des sports Chantal JouannoBertrand Amoussou : La pratique du MMA sur le territoire français n’est pas un phénomène de banlieue n’en déplaise aux bien pensant… C’est un phénomène tout court. Je respecte beaucoup le Karaté pour l’avoir moi-même pratiqué mais ce que les jeunes attendent aujourd’hui lorsqu’il s’agit de sport de combat, ce sont des pratiques comme le MMA en tête de liste et ensuite, dans le désordre le Muay Thaï en effet, le krav maga ou la boxe.
La question du journaliste, qui lui, connait l’engouement des jeunes pour le MMA est justifié. Le MMA se pratique déjà un peu partout en France avec peu ou pas d’encadrement, c’est un fait. Il est important pour la sécurité de ces jeunes d’envisager des solutions répondant aux attentes des pratiquants.

Le Karaté n’a-t-il pas en son temps, pas si éloigné d’ailleurs, souffert des mêmes critiques que le MMA ?
La ministre des sports, Chantal Jouanno : Je voudrais créer une forme de Coubertin du sport, avec les acteurs des mondes sportif et économique, les collectivités et les associations qui travaillent dans les quartiers, pas forcément spécialisées dans le sport, comme « ni putes, ni soumises » par exemple. J’ai le souvenir, quand j’étais à Vernon, où il y a aussi des quartiers difficiles, qu’il y avait un club de Boxe thaï avec lequel nous avions beaucoup de relations.
Il ramenait des jeunes qui aimaient bien se battre vers une structure et un sport où l’on respecte des règles, où l’on voit qu’il y a toujours plus fort que soi mais où l’on apprend à rentrer ans un cadre, à savoir qu’on peut se battre sur un tatami sans nécessairement essayer de faire mal à l’autre.
Je préfère cette voie plutôt que légaliser par défaut parce qu’on est incapable, par ailleurs, de proposer quelque chose de positif.

Bertrand Amoussou : Les valeurs que vous venez de défendre sont justement les valeurs que nous défendons dans la pratique du MMA. Il n’est pas question de faire l’apologie de la violence, en aucun cas, mais juste de se retrouver dans un dojo ou dans un salle de boxe et essayer de travailler dans le respect des règles en pratiquant un sport de combat qui techniquement nous permet d’envoyer des coups de pieds et de poings comme au karaté, de saisir et de projeter comme au judo ou en lutte et d’essayer d’appliquer des clés articulaires ou des étranglements comme au judo ou au ju jitsu.
Pourquoi la pratique de tous ces autres sports seraient honorables et la possibilité de les mixer entre elles dégradante ?

Bertrand Amoussou, Président de la commission nationale de MMA.

Le point de vue Masterfight

Réaction à l’interview
En lisant les propos de madame Jouanno j’ai l’impression qu’elle n’a vu que le mauvais côté du MMA, et n’en déplaise aux fans qui liront ces lignes ça devait être une série des plus mauvais combat de l’UFC. Oui le sang et le trash talking font vendre. Dana White (le président de l’UFC) l’a très bien compris. Mais gardons malgré tout à l’esprit que c’est un spectacle ou chaque sportif joue un rôle (cette reprise du modèle « catch » est une erreur, car c’est à mon sens, un des freins de son acceptation en France).

Cela étant dit, ça n’a rien à voir avec un entraînement en club… ne perdons pas de vue que la grande majorité des adhérents des clubs, déjà ouverts n’en déplaise à madame la Ministre, combattront le plus souvent sur des tapis de lutte et ne mettront jamais les pieds dans une cage à part pour la photo avec Chuck Liddell.
Madame Jouanno ne répond pas à la dernière question sur les similitudes avec les débuts du karate. Elle argumente en parlant de respects des règles.
Une sportive comme elle aurait du voir dans des combats pro de MMA, que le respect entre les combattants et les règles sont omniprésentes, et que les arbitres se tiennent toujours prêts à protéger les combattants… chez les pro.

Car oui, les clubs existants manquent d’encadrement. Pas d’un encadrement technique car je ne doute pas des compétences des professeurs, mais d’un encadrement pédagogique, juridique et sûr.
– Ou sont les formations apportant le minimum pédagogique requis pour un enseignement de qualité ?
– Quid des assurances nécessaires à une pratique sûre ?

Le système des mitaines de couleurs mis en place par la CNMMA ainsi que les formations qu’elle dispense et les 10 commandements cités, donneraient une base plus que solide à un développement de loisirs réclamé par toutes et tous (oui, il y a de filles).

Réaction au droit de réponse
Maintenant à mon avis, faire du MMA une discipline à part entière, en faisant passer des grades de MMA enlèverait la moëlle épinière du MMA lui-même, puisque l’on parle de Mixed Martial Art ou Arts Martiaux Mélangés en français, et non d’une discipline « fourre-tout ». Les champions de MMA sont quasiment tous des ceintures noires de ju jutsu brésilien par exemple ou des champions de lutte, de boxe thaï, etc. Je me demande si la création d’une discipline dans ce qui est proposé ne risque pas d’appauvrir le registre des techniques, comme ce fut le cas avec les arts martiaux traditionnels lors de l’expansion de la compétition.

Alors ? On s’assoit et on discute ? Qui appellera l’autre le premier ?
Je pense qu’une réflexion de groupe, et non chacun individuelle, est nécessaire quant une prise de conscience de la réalité du MMA : des compétitions sont déjà organisés en France qui n’en portent pas le nom.
La réflexion devra aussi porter sur un ou deux point de règles comme les frappes aux sols par exemple. LE point noir que n’arrive pas à digérer les politiques qui pensent encore qu’un homme à terre est fragile. Le Ne Waza, la Lutte et le JJB par exemple, nous prouvent lors de chaque compétition que ce n’est plus vrai depuis fort longtemps.

En attendant, je vous souhaite à toutes et tous un bon entraînement.

En savoir plus

Chantal Jouanneau
Bertrand Amoussou
Commission Nationale de MMA
Karate Bushido


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