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A 3 mois de l’Eurométrople Masters Erima qui aura lieu je le rappelle le 29 janvier 2011, Anthony Dangre (responsable de la commission Masters du Comité Nord de Judo) a bien voulu répondre à quelques questions sur l’organisation d’un tel évènement avec ce que cela comporte de difficultés et de satisfaction.
(entretien réalisé le 19 octobre 2010)

Anthony Dangre au Championnat d'Europe 2010Masterfight : Bonjour Anthony, comment vas-tu à 3 mois du masters ?
Anthony Dangre : Je vais bien, très confiant parce qu’on vient de faire une promo en Croatie aux Championnats d’Europe pendant 4 jours, avec nos t-shirts Erima, les 1000 balles anti-stress, les 1000 fliers et nos 100 affiches. Nous avons eu un bon contact avec les masters et avons bénéficié du bouche à oreilles des 2 sessions précédentes. Tout cela c’est plutôt bon signe.

D’autant que cette 3ème édition est la plus difficile à mettre en route pour 3 raisons.
– La plus importante étant la mobilisation, par un congrès médical, de l’hôtel de Lesquin que je réserve habituellement. Il a donc fallut en changer et bloquer 130 chambres (cette fois-ci sur Wasquehal).
– La seconde raison se trouve être est un problème pour la soirée qui suivra la compétition. L’an passé, une centaine de masters avaient participé à la soirée dansante. Cette année, l’hôtel ne propose pas de formule soirée.
– Et la troisième raison c’est le budget. Il y a certaines incertitudes sur les dépenses de communication notamment (campagne d’affichage urbain, Métro Lille, Sprint, tee-shirts, etc.)

Cela dit la fin janvier est une date extrêmement bien située. D’une part vis à vis du calendrier Masters puisque l’Eurométrople se trouve entre les Championnats d’Europe et les Championnats du Monde. A une semaine du Tournoi de Paris, on peut tout à fait imaginer que des internationaux présent pour l’occasion en profiteraient pour venir à nos masters.
Et d’autre part parce que c’est suffisamment éloigné du nouvel an pour que cela puisse être un objectif envisageable pour les athlètes.

MF : Y a-t-il des évènements ou tu feras la promotion du masters ?
AD : Oui bien sur ! Comme je te le disais nous étions présent aux Championnats d’Europe puisque le plus gros évènement après celui-ci, c’est notre masters. Dans le même temps, il y avait le stage enseignants/dirigeants à Arras ou nous avons pu faire une promotion régionale puisqu’il y avait plus de 150 clubs représentés.
Grâce à nos partenaires nous avons un bon potentiel de diffusion (500 affiches, 1000 balle anti-stress, 150 clés USB, 5000 fliers).

J’ai aussi la chance d’avoir la casquette de coach au niveau de mon club donc je peux suivre les évènements assez facilement comme par exemple
– le prochain tournoi de Leers vers le 30, 31 octobre (ce week end)
– le tournoi de Maubeuge
– tournoi de Wasquehal
– l’open de jujitsu de Wasquehal (là en plus on est chez nous)
– le tournoi minimes cadet de Harnes dans le Pas de Calais

En fait on a la chance d’avoir un tas de gros tournois qui attire du monde au niveau international et qui sont très réputés comme le tournoi de Wasquehal (classe A) qui est un des plus réputés du tournoi de France avec des athlètes qui sont souvent en première division.
On va essayer d’être présent en ciblant toutes les compétitions, sachant que les judokas du Nord sont nos meilleurs ambassadeurs.

Eurométropole Masters Erima 2010MF : Tu n’as pas peur d’être victime de ton propre succès ?
AD : Bien sûr, mais c’est un risque encadré par une chose très simple puisque dans le règlement, je me suis laissé la possibilité de bloquer les inscriptions à 350 participants. Tout simplement parce que le dojo de Wasquehal n’est pas adapté pour en accueillir plus. Pour faire en sorte que tout fonctionne dans une seule journée, nous avons aussi avancé l’heure de démarrage à 9h pour une fin vers 19h (au lieu de 10h – 17h l’année dernière). Bien sur, nous aurions pu organiser l’évènement sur 2 jours, mais je n’y suis pas favorable pour plusieurs raisons : tout d’abord, le samedi qui nous a toujours servit de clôture de l’évènement ne serait plus possible. Et ensuite, finir une compétition tard le dimanche soir et reprendre le boulot le lundi matin, c’est pas simple pour tout le monde.

En plus pour faciliter les choses aux participants et augmenter le temps dédié aux combats, il n’y aura pas de pesée le jour J. Elles se feront toutes la veille dans des lieux de pesées décentralisés (à Maubeuge, dans le cambraisis, sur le littoral et la pesée principale au dojo de wasquehal) ce qui évitera également aux combattants de se déplacer 2x (et parfois de loin), une fois pour la pesée et une fois pour la compétition.

Il est évident que si nous devions arriver au blocage des inscriptions à 350 cette année, la question d’un changement de lieu devrait se poser.
Équipé de salles annexes permettant d’organiser plus de combats simultanés, le Palacium de Villeneuve d’Ascq serait la salle la plus adequat à un évènement de cette ampleur.
Mais on y est pas encore.

Anthony Dangre au Championnat d'Europe 2010MF : J’ai pu lire sur le site officiel que l’âge de 30 ans n’était plus requis pour participer aux Masters, tu peux m’en dire un peu plus ?
AD : L’UEJ a simplifié les choses en ce qui concerne les tranches d’âges. Elle a considéré que les 2 paramètres : année civile + date d’anniversaire était trop compliqués pour savoir de quelle catégorie on dépendait. Désormais, seule l’année civile est prise en compte.
Pour notre évènement, cela veut dire que si vous êtes né en aout 1981 (vous aurez 30 ans au mois d’aout 2011), vous pouvez quand même participer au masters du mois de janvier 2011, puisque vous aurez la trentaine dans l’année. Ca va permettre d’ouvrir la catégorie M1/F1 (Masculin et Féminin 1ère catégorie).

Cela devrait augmenter le nombre de combattants potentiels puisque même les judokas de 29 ans vont pouvoir s’inscrire. D’autant que j’attends en plus, l’obtention du label national, ce qui donnera la possibilité aux athlètes ayant participer à notre masters de s’aligner aux Championnats d’Europe ou aux Championnats du Monde.
Autre conséquence intéressante c’est que les combattants (ceinture marron minimum) pourront marquer des points contre les différents grades de la ceinture noire.

Flash de dernière minute : C’est officiel, l’Eurométropole Masters vient d’obtenir le label National

MF : Le label national te permet-il d’obtenir des aides financières de la fédération ?
AD : Indirectement oui. Car même si elle ne prend pas part au financement, en accordant le label National à l’évènement, la fédération lui a donné plus de crédit, nous donnant plus de poids pour obtenir des subventions publiques. Cependant, je pense qu’une fédération aussi puissante que la FFJDA devrait prendre une part active à l’organisation de telles compétitions. Puisqu’il existe déjà un Championnat d’Europe et un Championnat du Monde Masters, elle devrait se doter d’un Championnat de France sans lequel il existe une vraie carence dans le parcours des judokas.

L’Eurométropole Masters doit être un moteur pour le judo adulte. Même s’ils ne font qu’une seule compétition dans l’année, les Masters doit leur permettre de se fixer des objectifs.
La définition d’un compétiteur pour moi c’est quelqu’un qui se fixe des objectifs. C’est ça l’esprit de compétition.
Quelqu’un qui apprendrait le judo sur le tard doit quand même pouvoir participer à des compétitions s’il le désire, que cela soit debout ou en Ne Waza

Affiche de l'Eurométropole Masters ErimaMF : L’affiche de l’édition 2011 de l’Eurométropole Masters est un crayonné montrant des masters le poing fermé, un poil agressif, dans une sorte de défi. C’est une façon de vouloir attirer un public différent ?
AD : Je préfère le terme de provocateur à celui d’agressif, car les gens qui participent à notre masters ne sont pas des gens agressifs. A ce jour, toute les affiches de judo montrent du judo et malheureusement le judo, et c’est triste à dire, n’attire pas le grand public. Le challenge de cette année est d’attirer ce grand public en couplant cette affiche à une campagne d’affichage urbain.
Je vais dire quelque chose qui risque de choquer, mais… je voudrais plus vendre du « vieux guerrier » que du judo.
Il n’est pas évident qu’en disant à quelqu’un : « Viens voir une compétition de judo. » il se déplace pour l’occasion, alors que si tu lui dit : « Viens voir la compétition, il y a des combattants de 70 ans qui se mettent des ippon », c’est plus probable qu’elle le fasse.
Je voulais casser cette image habituelle du combat de judo [sur une affiche] car oui, ça allait attirer des judokas, mais certainement pas le grand public.
On a une image un peu lisse du judo : des gars en pyjama qui savent chuter sans se faire de mal… un peu gentille, alors que c’est un sport qui se situe dans la saisie, et ou les plus grosses décharges d’énergie se font au sol.
Je souhaitais en créant cette affiche, que personne ne soit indifférent, qu’on l’aime ou qu’on la déteste, mais qu’elle fasse réagir.

MF : As-tu trouvé aujourd’hui, la personnalité qui accompagnera l’évènement ?
AD : Pour le moment je n’ai pas eu de déclic concernant la partie « Guest Star », y compris pour la soirée précédent la compétition d’ailleurs.
Avec les 3 heures prévues à cette effet, on peut tout imaginer. De la conférence au spectacle en passant par une rencontre avec une personnalité, tout est possible, mais on a pas beaucoup de budget donc c’est pas évident.

Flash de dernière minute
Une conférence-débat, devrait avoir lieu la veille de l’événement, soit le vendredi 28 janvier, au Dojo de Wasquehal, sur un thème plutôt provocateur (rappelant l’affiche) du style « A partir de quand les vieux guerriers doivent-ils arrêter la compétition ?« , entre 18h00 et 21h00.
Les 4 organisateurs des 4 principaux tournois français, ainsi que les responsables de l’activité masters de la FFJDA seront invités à venir débattre, ainsi que William Mathey, qui compile le projet de « Ranking-List« , qui sera évoqué. Nous espérons fortement la présence de Cécile NOWAK

Le site de la fédération, dernièrement refait, vient d’intégrer à sa structure, et c’est une nouveauté qui nous touche particulièrement, un volet « Activités » concernant les masters.

Merci à toi Anthony, pour ce que tu fais pour le judo et pour les masters (sous entendu pour les +de 30 ans).

A la fin de cet entretien, Anthony Dangre m’a posé une question qu’il m’a semblé intéressant de développer ici (et j’ai trouvé amusante la version journalistique de l’arroseur arrosé).

Anthony Dangre : Pourquoi Masterfight soutient-il ce Master ?
Gilles Aubin : D’abord parce que Masterfight se doit, et ça a toujours été mon leitmotiv, de soutenir toutes les causes permettant de faire connaître les pratiques au plus grand nombre, et le masters de Wasquehal est de ceux là. De plus je trouve dommage qu’à partir d’un certain âge on ai plus accès aux compétitions, et je suis désolé mais 30 ans, c’est trop tôt à mon sens, surtout si on a commencé tardivement comme tu le soulignais toute à l’heure.

Ceux qui souhaitent (parce que cela doit rester un choix bien sûr) poursuivre l’expérience de la compétition, devraient pouvoir le faire dans de bonnes conditions et l’Eurométropole Masters de Wasquehal est une excellente occasion pour démontrer à ceux qui en doutent encore que c’est tout à fait possible.


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