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La savate à PékinLes premiers Jeux mondiaux des Sports de Combats (Combat Sport Games Beijing 2010), qui se sont déroulés à Pékin entre le 28 août et le 4 septembre 2010, ont permis à la Savate d’être représentée sur deux séries de démonstration d’assauts masculins et féminins. L’année 2010 aura été une année exceptionnelle pour la Savate : l’anniversaire des vingt-cinq ans de la Fédération internationale de Savate, couronné par une rencontre avec Jacques Rogge, président du CIO, à Lausanne, suivie de la décision de SportAccord d’accueillir en son sein notre sport. C’est une vraie consécration !

C’est sans doute l’histoire d’une nouvelle aventure pour ce sport de combat que ses pratiquants sont fiers de compter parmi les plus anciens du monde, mais aussi parmi les plus prisées des disciplines sportives en termes d’éthique, d’esthétique et d’efficacité. Définie par le grand maître Joseph Charlemont (1839-1914) comme « l’art de la défense personnelle [par lequel] on se sert des bras et des jambes, des poings et des pieds pour frapper », la principale caractéristique de la Savate réside dans la portée de coups enchaînés par des gestes jamais isolés et ne tirant leur valeur que de leur usage dans un ensemble efficace. Le combat livré par chaque tireur est construit comme un dialogue, totalement subordonné à des échanges naturellement loyaux, clairs et harmonieux.
La Savate-Boxe française est née officiellement en 1825 à la Courtille dans la salle d’armes de Michel Casseux, par un mariage d’amour et de raison entre le Chausson marseillais, la Savate parisienne et la Boxe anglaise. Ainsi, dans une chaîne continue de l’histoire, renaissant cent-soixante ans après comme le phénix de ses cendres, elle prenait une dimension internationale avec la création de la Fédération Internationale de Savate en 1985, pour parvenir en 2010 à se hisser au rang des sports de combat majeurs dans SportAccord.

La savate à PékinLa délégation de Savate à Pékin, modeste en fonction de sa position de nouvel entrant, était composée de deux athlètes féminins – Christelle Lambret, Cindy Demarle -, de deux athlètes masculins – Mike Lambret, Tony Ancelin -, du DTN adjoint, Hubert Abela, de Joël Dhumez, vice-président de la FISav, vice-président de la FFBFS-DA et vice-président de la Confédération Européenne de Savate, et de Jean-Marie Rousseau, président fondateur de la Fédération Internationale de Savate et officiellement détaché pour la promotion de la Savate en Chine.
Dès lors, la question de savoir pourquoi la Savate était admise à ces championnats mondiaux comme sport de démonstration ne se pose plus. En revanche, la question de la perception de la Savate par le public de ces championnats mondiaux prend toute sa valeur, tandis que s’impose une réflexion sur l’utilité d’une telle mission et de l’avenir de la Savate sur la scène internationale, en particulier en Chine.
La Fédération Internationale de Savate est forte aujourd’hui de l’affiliation de soixante six pays, alors qu’en 1985 elle n’en comptait que onze à sa création. Le 24 septembre dernier, aux Championnats du monde de Savate (Halle Charpentier), niveau ‘Assaut’, trente deux fédérations étaient représentées par des tireurs masculins et féminins, alors qu’au début septembre avaient lieu à Cambridge des Championnats d’Europe de Canne de combat avec une demi-douzaine de pays européens. Ces championnats du monde, dans les trois versions ‘Assaut’, ‘Combat’ et ‘Canne’, se déclinent à présent tous les ans à des niveaux nationaux, continentaux (Europe, Afrique, Amériques, Asie) et mondial, dans les branches scolaires, universitaires et élite.

La savate à PékinPour revenir aux SportAccord Combat Games Beijing 2010, il est indéniable que les démonstrations de Savate ont constitué une Première pour le public chinois. Aussi restreinte qu’ait été la capacité d’accueil du ‘Village sportif’ à l’Hôtel de l’Amitié où nous nous produisions le soir – alors que tous les combats des autres disciplines étaient disséminés entre cinq différents sites – ces démonstrations de Savate ont été entièrement télévisées par BTV (Beijing Télévision) et retransmises sur les chaînes sportives de CCTV. Le public présent, quoique majoritairement chinois, était surtout composé d’athlètes issus des autres disciplines, mais les retransmissions télévisées ont favorisé une large audience nationale dont nous avons eu quelques échos avant même de retourner en Europe. Les quatre athlètes ont multiplié différentes phases de démonstration en termes de rythme (de plus en plus accéléré) et d’engagement physique (coups portés de plus en plus appuyés), avec des variations que seules des démonstrations autorisent sur des échanges établis sur les trois principes d’esthétique, d’éthique et d’efficacité.

Le but premier était d’affirmer notre existence dans le concert international des sports de combat et nous pouvons considérer avoir complètement atteint cet objectif en gagnant l’assurance de la part du président Hein Verbruggen d’une participation de plein droit aux prochains championnats du monde de 2013 (entre les JO de Londres et le Mondial de Foot à Rio en 2014). La Savate a d’ores et déjà suffisamment de pays représentés au plus haut niveau pour que nous puissions espérer présenter les meilleurs plateaux et nous commençons à même espérer des compétiteurs chinois.

C’était la deuxième aspiration que cette mission avait, en essayant de faire découvrir ce « Monde-Savate », complètement nouveau pour eux. Nous nous étions en effet assignés avec le président Gilles Le Duigou et avec l’aide de Julie Gabriel – nouvelle Présidente de la FIS depuis le 26 septembre 2010 -, cet objectif d’introduction de la Savate en Chine, c’est-à-dire dans la plus grande nation sportive du monde depuis les Olympiades de 2008.
Des liens ont donc commencé à être tissés, en commençant par les autorités officielles de l’administration centrale du sport chinois, mais sans avoir négligé les puissants organes privés avec lesquels ont été envisagés en lien avec la télévision chinoise CCTV, des projets de coopération devant déboucher très rapidement sur des participations de Savate dans des championnats nationaux et internationaux. Si nous arrivions à mettre sur pied de tels projets, il s’ensuivrait le lancement de séminaires de sensibilisation et de formation à la Savate. Nous ne sommes évidemment qu’aux prémices d’une telle coopération, mais toute cette démarche témoigne de notre volonté de gagner à notre cause cette grande nation sportive qu’est la Chine. Le rendez-vous des prochains Championnats du monde de 2011 sera édifiant pour nous, avec ou sans la Chine, mais certainement avec l’Asie, déjà bien représentée en Inde, en Iran, en Corée du Sud et au Japon, ainsi qu’avec beaucoup d’autres nations de tous les continents.

Rédigé par Jean-Marie Rousseau et Joël Dhumez


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