•  
  •  
  •  
  •  

Sydney Meloul, fondateur de Taekwondo ChocTaekwondo Choc est le premier magazine ayant traité du taekwondo en France. Il est paru pour la première fois en octobre 1993 et fête ce mois-ci son 17ème anniversaire avec la sortie du numéro 69.
Pour l’occasion, Masterfight a souhaité interviewer son fondateur, Sydney Meloul (qui fut également vice président de la FFTDA pendant 4 ans).

Les questions que j’avais souhaité lui poser ayant été noyées dans une conversation à bâton rompus entre passionnés d’arts martiaux, il m’est très difficile de vous retranscrire l’intégralité de cette heure passée au téléphone avec ce monument de la presse spécialisée. Je vais malgré tout tenter l’exercice… en vous souhaitant bonne lecture.

Masterfight : Comment vous est venu l’idée de monter un magazine de taekwondo ?
Sydney Meloul : « Mes deux enfants Lionel et Mikael pratiquaient tous les deux le taekwondo » me dit-il, « mais pour figurer dans Karate Bushido il fallait qu’un combattant de la discipline devienne champion d’Europe. C’est ce qui est arrivé avec Mikael.
J’ai quand même trouvé dommage que le taekwondo n’ai pas son propre magazine, alors j’ai lancé une souscription dans les clubs. Elle m’a permis de sortir le numéro 1. »
M. Meloul poursuit en me décrivant la réaction que suscita cette entreprise : « A l’époque on me disait,
– « Mais comment !? Un magazine en couleurs, tu donnes du lard à manger aux cochons. Personne ne connait le taekwondo ! »
– « Eh bien on va le faire connaître ! »

M. Meloul me fait alors part d’une anecdote liée à la sortie du premier numéro :

« Alors que le premier numéro de ce nouveau magazine allait paraître, la couverture devait être occupée par le maître Lee Yeon Song, hors au même moment, mon fils Mikael devenait champion du monde de taekwondo. Par respect pour le maitre, je ne me voyais pas modifier cette couverture, mais je me suis finalement laissé convaincre par le président de la fédération qui me disait : « Mais tu es fou, on a jamais eu de champion du monde ! ». J’ai donc changé la couverture du magazine en catastrophe.

Dernier numéro de Taekwondo ChocMF : La fédération vous a-t-elle aidée dans la diffusion de Taekwondo Choc ?
SM : « Quand la fédération a vu que le magazine fonctionnait, le président a décidé de devenir mon partenaire. Ca a permis de bouger le taekwondo… bien que pas assez à mon gout. Mais cela n’empêche pas la fédération aujourd’hui, d’être le premier annonceur de la revue ce qui est très bien. »

MF : Par rapport à Taekwondo Hwarangdo, la vie n’est-elle pas un peu plus compliqué pour Taekwondo Choc ?
SM : « La revue fédérale Taekwondo Hwarangdo est née après ma démission de la fédération, car tant que j’étais présent je comblais un manque… quelque part Taekwondo Choc était la revue fédérale et même si j’étais indépendant, je remplissais ce rôle officiel (peut-être trop bien m’a-t-on laissé entendre) Après mon départ, la fédération a donc pensée qu’il était indispensable d’avoir sa propre revue. Hwarangdo ne parle que de ce qui se passe au sein de la fédération donc on ne se fait pas concurrence. Taekwondo Choc est un journal d’arts martiaux coréens très large, et j’ouvre mes pages aux professeurs débutants, comme à la star, aux maîtres coréens et aux arbitres… parce que tous le méritent. Je vais vous faire rire, je ne fais pas du magazine destiné à l’élite, Taekwondo Choc, c’est le magazine du peuple. Je veux que tous le monde existe, depuis la base jusqu’au sommet. »

Pour terminer, Sydney me confie :

« Je suis connu sur la place des arts martiaux comme une grande gueule qui dit ce qu’il pense et qu’il fait ce qu’il dit. »

… et il le prouve dans son magazine puisque à plusieurs reprises il affutera sa plume pour écrire par exemple : « Maître et milli-maître » ou il fustige les charlatans des arts martiaux dans le but avoué d’assainir la place. Dans l’édito du numéro 69, il titre également « De la bêtise… à l’intolérance » ou l’on peut y lire entre autre, son coup de gueule sur un évènement des Jeux Olympiques de la Jeunesse qui se déroulaient à Singapore. Un finaliste iranien de l’épreuve de taekwondo, fut agressé par son propre entourage, alors qu’il devait combattre son homologue israélien en finale. Dans quel but ? Qu’il ne combatte pas. Un évènement qui est venu entacher cette remarquable fête par un acte politique qui n’y avait pas sa place.

« Désormais après 17 ans d’existence, Taekwondo Choc a également des abonnés en Suisse, en Espagne, en Afrique, au Canada et même en Corée alors que le magazine est en français. Et puis ce qui fait plaisir c’est que des clubs de karate et de wushu sont abonnés aussi, par curiosité bien sûr, pour savoir ce qui se passe chez nous.
A chaque numéro que je sort, c’est un nouveau né qui voit le jour.

Merci Sydney Meloul pour cet entretien. Longue vie à Taekwondo Choc.
Même si le site officiel est en réfection, vous pouvez vous abonner au magazine en remplissant ce coupon et en l’envoyant à l’adresse indiquée.
Coupon d'abonnement à Taekwondo Choc


  •  
  •  
  •  
  •