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Dans une interview menée par James Golden Eloué Des Dépêches de Brazzaville, Michel Ngollo (6ème dan d’aikido) nous livre son sentiment sur le développement des sports en général et des arts martiaux en particulier dans son pays, le Congo… extraits :

Michel Ngollo fait un état des lieux des ars martiaux au Congo, son paysLes Dépêches de Brazzaville :Aujourd’hui, les sports de combat sont en perte de vitesse. Pourquoi ?
Michel Ngollo : Il y a un problème général dans tout le pays quant à la pratique du sport, en raison du manque d’infrastructures tout d’abord. Les gens pratiquent les sports de combat dans des conditions précaires. En outre, les sportifs ne sont pas suivis médicalement. C’est une autre raison.

D.B. : Qu’est-ce qui fait que les sports de combat aujourd’hui n’attirent plus les foules ?
M.N. : Aujourd’hui, les gens n’ont pas de salles pour pratiquer ces sports. Je connais des gens qui pratiquent à même le sable dans les jardins.[…] Ensuite, il y a le manque de motivation. Les gens ne sont plus entraînés. Avant il y avait beaucoup d’événements sportifs qui donnaient plaisir à certains de devenir, comme le père ou le grand frère, champion de karaté, de judo ou de boxe. […] C’est vraiment la mort dans l’âme quand je vois les jeunes de mon quartier. Il n’y a personne pour les encadrer […]. J’étais prêt à rencontrer l’ancien ministre Serge Michel Odzocki. Au moment du rendez-vous, il a quitté les affaires. Aujourd’hui, celui qui l’a remplacé est un sportif. Je suis sûr qu’il pense à tout cela pour essayer de canaliser les choses et rendre à la jeunesse congolaise ce qu’elle a perdu.

D.B. : Aujourd’hui, quel héritage avez-vous laissé aux jeunes ?
M.N. : Tout mon savoir disparaîtra avec moi tant que personne ne m’approchera pour que je puisse le transmettre. Je n’aurai laissé aucun héritage ici. Ce qui n’est pas le cas en Europe où j’ai plus de trois mille élèves qui sont devenus aujourd’hui ceinture noire. […] Ici au Congo, où peut-on faire des stages ? Et l’on ne peut pas former ceux qui se disent déjà formés. Il faut former la nouvelle élite. Ce sont vraiment les infrastructures qui manquent, et un peu de volonté politique.

Retrouvez l’ensemble de l’entretien sur Star du Congo


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